Jour 327

Je pensais en avoir fini des raisins, du nectar, du jus, de la gelée. Je considérais, au sens propre comme au sens figuré, que j’avais tiré tout le jus que je pouvais tirer de ce filon. Eh bien non !
Je dois dire d’entrée de jeu que Denauzier est parti très tôt ce matin avec deux pots de gelée, un pour ses amis chasseurs, un pour son fils.
Me sachant seule, les amis de droite ont proposé de s’amener souper en compagnie d’une boîte d’huîtres Malpèque. Ça ne se refuse pas. Sachant qu’ils arriveraient autour de 17:00, je me suis empressée de faire du ménage en après-midi, même si le beau soleil me donnait envie d’aller jouer dehors. À travers le ménage, j’ai fait réduire encore d’autres raisins. Quand est arrivée l’étape de l’ajout de la gélatine, je suis allée chercher la feuille fraîchement imprimée sur laquelle sont décrites les étapes d’utilisation : comme je l’ai écrit hier, il s’agit de mélanger la gélatine avec de l’eau froide, puis de réchauffer le mélange obtenu au micro-ondes puis de l’ajouter au mélange chaud de jus dans la casserole. J’ai fait tout ça, sans une once d’inquiétude, forte de mettre en pratique une recette moult fois éprouvée. Nenni. Le jus est demeuré jus. Ça fait plus de quatre heures que mes pots sont au frigo et leur contenu n’est pas passé de l’état liquide à l’état solide. Je vais en être quitte pour boire ces jus bourrés de gélatine –car il me semble en avoir versé beaucoup. Je n’oserai pas les offrir en cadeaux, c’est certain.
Les amis qui ont apporté des huîtres sont pour leur part repartis avec un pot de nectar et un pot de jus.
Cette expérience qui se solde par un échec ne me surprend pas tellement. Je fonctionne mieux, il me semble, quand je tâtonne dans le noir, sans lignes directrices, quand je me casse la tête, quand je m’inquiète, quand je ne suis pas sûre de moi, quand je tente le tout pour le tout et advienne que pourra. Quand je prends des risques, en fin de compte. Quand je n’en prends pas, quand je ne fais qu’appliquer une méthode en en respectant les étapes, j’obtiens des résultats décevants.
Certaines de mes amies ne serviront jamais une recette à des invités si elles ne l’essaient pas d’abord. En ce qui me concerne, c’est le contraire : si je veux m’assurer de ne pas rater une nouvelle recette, le meilleur moyen consiste à ne pas l’essayer au préalable. Je la fais et je la sers aux invités. De toute façon, je ne suis pas capable de faire deux fois la même recette de manière identique. Je change tout le temps quelque chose, j’y vais de tel ajout, de telle substitution. Cela me fait penser à mon mari. Quand on reçoit ses enfants, il choisit souvent de préparer des cuisses de poulet BBQ, d’après une recette de sa mère. Or, les cuisses s’avèrent soit très piquantes, soit trop sucrées, soit presque surettes quand il force sur la lime, en remplacement du citron…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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