Jour 333

tissu-organza-aubergine

Organza, de couleur aubergine.

Rêve
J’ai rêvé qu’un homme à la réputation irréprochable voulait me traiter médicalement, je ne sais plus pour quel problème de santé. Il venait vers moi, cheveux noirs et gominés, larges bretelles retenant ses pantalons, et m’offrait en quelque sorte ses services. Il était petit, cinq pieds et quelques pouces, et je craignais de ce fait qu’il manquât d’équilibre. Je soupçonnais qu’il avait besoin d’une subversion quelconque comme échappatoire à cette lacune physique. Il prenait des références quant à mes fréquentations récentes pour vérifier que les personnes de mon entourage étaient bien intentionnées. Il en faisait trop, comme s’il était habité par une passion trop grande pour son travail.
Un soir que j’étais seule avec lui, sa femme travaillant dans une autre pièce de leur maison, il se rendit verrouiller la porte de la pièce où il se proposait de m’ausculter, et je compris qu’il allait m’agresser. Il se plaça devant moi, debout, et me dit, les pouces étirant ses bretelles, qu’il était fou de passion à mon égard, d’une passion telle qu’il ne pouvait plus se retenir et s’apprêtait à me violer, sinon à m’assassiner.
Je me surprenais, alors qu’il m’étranglait presque de ses deux mains, à être capable de lui dire, d’un très mince filet de voix, mais c’est mieux que rien et fort compréhensible dans ce contexte, qu’il s’apprêtait à gâcher le reste de sa vie s’il m’assassinait. Ou me violait. J’étais habitée à la fois par une terrible peur, mais aussi, sinon surtout, par l’espoir qu’il comprenne à quel point l’immédiateté de son geste n’avait pas de poids, en comparaison de toutes les années qu’il devrait passer dans le tourment d’avoir commis un assassinat. Ou un viol.
Je me suis réveillée en ayant le sentiment d’avoir flirté avec la philosophie, avec succès.
Mon amie
J’ai passé la journée d’hier et la nuit et une partie de la journée d’aujourd’hui chez une amie, à Verdun. Après notre souper, mon amie, une femme très occupée, m’a annoncé devoir me quitter pour aller, dans une autre de ses maisons, car elle en possède quatre, vaquer à quelque activité. J’ai donc dormi seule dans cette maison de Verdun. Jusqu’à minuit passé, au lit, je me suis amusée sur mon téléphone avec mon ami Duolingo. J’apprends l’anglais, tandis qu’Emmanuelle, bilingue français anglais, apprend l’allemand. Je me suis réveillée, je dis bien réveillée, ce matin, ou presque ce midi, à onze heures dix-neuf !
Mon amie me surprendra toujours.
– Tu portes, lui ai-je dit au cours de la soirée, un parfum qui te va très bien et que j’aime. Qu’est-ce que c’est ?
Mon amie m’a regardée, incapable de me donner le nom de son parfum.
– Je le porte depuis plus de vingt ans, m’a-t-elle dit.
– Tu le portes depuis plus de vingt ans et tu ne te rappelles pas de son nom ?, me suis-je étonnée.
Au terme d’une petite recherche, nous avons découvert qu’il s’agit de Organza, de Givenchy.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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