Jour 362

araignee_reunion

Autre cas de figure, trouvé sur Internet. « On m’a toujours dit qu’il ne fallait jamais tuer une araignée le matin parce que le chagrin resterait, mais que je pouvais et devais le faire le soir pour que l’espoir demeure. »

« Araignée du soir, espoir; araignée du matin, chagrin. » Une autre formule existe que je ne connaissais pas : « Araignée du soir, espoir, araignée du midi, souci, araignée du matin, chagrin. »
Je pense aux araignées parce qu’il y en a une qui m’a mordu à l’abdomen. Quatre rougeurs sont apparues sous le nombril, chacune rehaussée d’un semblant de cloche d’eau qui résiste cependant sous la pression des doigts. Ça fait encore un peu mal, alors que la morsure s’est produite il y a plus d’une semaine au lac Miroir.
Si je fais la rencontre d’une araignée du soir, qu’elle s’aventure sur mon bras et que je la repousse pour ne pas me faire mordre, la perspective de l’espoir se maintient-elle dans la mesure où j’en aurai repoussé le signe ?
Si je croise une araignée du matin, et que je l’écrase pour ne pas vivre le chagrin qui lui est associé –et ne pas me faire mordre–, vais-je vivre néanmoins le chagrin pour avoir écrasé son représentant ? Est-ce que le chagrin sera moins lourd si je repousse l’araignée au lieu de l’écraser ? Et si je lui parle affectueusement, est-ce que le chagrin me sera épargné ?
Dans la même veine, ai-je envie de parler à mon corps ? Il n’y a qu’une seule manière de lui parler, avec amour, compréhension et détermination. Admettons que je lui dise :
– Soit, je repasse sur le billard, mais ne me fais pas le coup d’une troisième fois !
Lui aurai-je parlé correctement, moi qui déteste donner des ordres ?
Parfois je parle à mes plantes. Je peux dire par exemple :
– Toi, ma jolie, tu sembles à ton aise ici. Continue de profiter.
Ou alors :
– Ma pauvre amie, tu manques de vigueur, je te transporte ailleurs.
Mais qu’il s’agisse des adages, des plantes ou de mon corps, j’aime mieux fonctionner comme je le fais sans même m’en rendre compte, c’est-à-dire en me laissant porter. De toute façon, on ne peut pas tout contrôler. La preuve qu’on ne peut pas tout contrôler, c’est que je jardine comme une folle pour constater, un premier jour, que les berbéris ont été ravagés par les scarabées du rosier. Puis, un deuxième jour, ce sont les géraniums. Puis, les feuilles de la vigne. Au final, le temps que la saison du scarabée soit terminée, je dirais que le tiers des plantes y ont goûté.
Je me laisse porter en faisant de mon mieux, en essayant de donner mon maximum. En ayant la foi, peut-être. La foi en quoi ? Puis-je avoir la foi en moi, alors que je déplore à longueur de textes ne pas avoir confiance en moi ? La foi en la vie ? La foi en une puissance supérieure ? L’idée d’une puissance supérieure me fait peur, parce qu’il me semble ne m’y être jamais adressée. Advenant que je m’y adresse un jour, et pour avoir tant tardé, serai-je seulement entendue ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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