Jour 372

Perdrigal

Le château de Perdrigal que les Ferré ont habité pendant cinq ans.

C’est facile de critiquer, cela étant. Je sais que je suis privilégiée de pouvoir me faire opérer sans avoir à payer ma chirurgie. Je n’irais pas jusqu’à écrire cependant que je suis privilégiée d’avoir à me faire opérer ! Combien ça peut coûter ? Cent mille dollars ? Ce qui est bien, aussi, en référence aux nouvelles décourageantes que diffuse la télévision, à l’effet que les gens ont le temps de mourir avant d’être opérés, c’est que lorsque notre tour arrive, parce que j’imagine quand même que mon tour va arriver, on se dit YES ! C’est enfin rendu à moi !
Pendant ce temps, ça va de plus en plus mal entre Madeleine et Léo. Je suis sur le point de commencer le chapitre huit. Je ne comprends pas qu’un couple en arrive à une telle dérive. Dans un couple on est deux. Il devrait y en avoir un pour tirer l’autre du bon bord, quand l’autre se déporte lui-même vers le mauvais bord ? Est-il nécessaire de s’enfoncer au plus creux pour réaliser que rien ne va plus ? Est-il nécessaire de se faire si mal ? Est-ce qu’il faut se faire si mal pour être certain de ne pas changer d’avis, une fois qu’une décision sera prise ? Ou alors, est-ce que la maladie fait en sorte qu’on n’a plus de prise sur sa vie et que, malgré l’autre qui essaie peut-être de nous sauver, on se laisse glisser… ?
– Je repars à zéro, aurait écrit Léo à Madeleine, une fois versée la goutte de trop dans la vaste vasque.
– Je te laisse tout.
Je ne suis pas rendue assez loin dans le livre pour savoir comment se traduira concrètement ce « Je te laisse tout », mais je sais pour l’avoir lu récemment sur Internet que le divorce Ferré/Rabereau n’est pas encore conclu, cinquante-et-un ans plus tard.
Les deux sont très attachés aux animaux, on l’a vu, ils avaient trois saint-bernard dans leur appartement parisien. Avec l’arrivée de Pépée, qui est venue remplacer les trois chiens décédés l’un après l’autre dans un intervalle de six mois, les Ferré ont ressenti le besoin d’habiter plus grand. Ils ont acheté un château délabré auquel ils ont donné le nom de Perdrigal. Une fois rendus là, ils ont fait de ce château une arche de Noé, y faisant vivre une dizaine de chiens, une quarantaine de chats, des moutons, un cochon, un poney, des vaches… Et ils se sont mis au service de ces animaux au point de ne plus avoir de vie. Peut-être Madeleine s’est-elle mise davantage au service des animaux que Léo, qui continuait de composer et de chanter en tournée. Elle écrit dans ses mémoires qu’elle a des engelures, des varices, qu’elle a maigri, que son moral est au plus bas… Le couple considérait que Pépée était leur fille, créant en cela un malaise auprès d’Annie, la fille de Madeleine, que Ferré a connue lorsqu’elle avait cinq ans. Créant aussi un malaise auprès d’un musicien à propos duquel je me promets de faire des recherches, celui qui a arrangé plusieurs chansons de Ferré, il se nomme Jean-Michel Defaye. Comme Michel Legrand, il a étudié avec Nadia Boulanger, d’ailleurs les deux musiciens ont dû se côtoyer.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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