Jour 376

Je tricote en pensant à Ferré. Je suis allée acheter des vivaces en écoutant Ferré dans ma voiture. Je finis mes journées, au lit, en lisant sa vie.
– Il ne m’inspire pas tant que ça, me dit Bibi, il ne devait pas être facile à vivre.
– C’est mon héros, ai-je simplement répondu.
À cause de lui, j’ai délaissé mon héroïne, la belle Simone. Et pas tellement avancé la correspondance de toute une vie entre Mitterrand et Anne Pingeot.
Je découvre que Mitterrand ne mesurait qu’un mètre 73, Ferré un mètre 71, mais le gagnant en petite taille est Sartre avec un mètre 53, Seigneur ! C’est p’tit en titi !
J’ai écrit, dans mon extrême naïveté, à son fils Mathieu, qui a son anniversaire le jour de notre St-Jean, si je me rappelle bien. Je lui ai transmis mes vœux, nous sommes amis sur Facebook, et je lui ai demandé si son père était gaucher ou droitier, s’il parlait couramment l’italien et s’il avait les yeux bruns ou pers. Bien entendu, le fils ne m’a pas répondu.
Hier soir j’ai lu un long passage à propos d’un autre de ses projets qui n’a pas bien fonctionné, une sorte d’oratorio philosophique difficile à suivre qui s’intitule La nuit. Là où je suis rendue dans le livre, il n’a pas encore été question de la chanson « Cette blessure », je pense que c’est ma préférée. Pas encore question non plus de l’arrivée de la guenon Pépée, et bien entendu Léo ne se doute pas le moins du monde qu’il aura un jour trois enfants, dont mon ami Mathieu, de Marie-Christine Diaz.
Ce matin, avant qu’il fasse trop chaud, je suis allée gratter un bout de terrain, le long de notre cabanon dans lequel on range le bois de chauffage. J’ai gratté tant et si bien que je me suis fait mal à la main droite, pourtant je portais des gants. Pour ménager ma main droite, j’ai aussi gratté de la main gauche, mais elle est nettement moins forte. Il faut dire qu’à cet endroit, le terrain est rempli de petites roches qui rendent le grattage pas mal coriace. Malgré tout, j’ai aéré la terre et j’en ai extrait les mauvaises herbes, en vue d’y faire pousser du gazon. J’ai acheté dix sacs de terre à cette fin. C’est-à-dire qu’une fois que le terrain actuel aura été minimalement nettoyé, je vais le couvrir de terre à jardin, et ensuite je vais lancer la semence à gazon, dans un sens, puis dans l’autre, et ensuite je vais arroser afin que les graines ne s’envolent pas au premier souffle du vent. Nous avons fait un travail équivalent d’ensemencement de gazon à peu près à pareille date, il y a un an, et nous avons obtenu de beaux résultats, mon mari et moi.
En avoir le courage et surtout la force, je continuerais de peiner sur mon lopin de terre ce soir, mais je pense que je vais plutôt m’installer sur le canapé, dans la véranda, pour tricoter en bougeant le moins possible, d’autant que le tonnerre commence à gronder.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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