Jour 379

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Cordes et cordages.

Les dernières pages que j’ai lues ce week-end au chalet à propos de Léo sont moins excitantes. Elles n’ont pas tellement nourri mon univers intérieur pendant que je tricotais. Ces pages ne fournissent aucun détail croustillant sur la vie –amoureuse– de mon héros. Je suis ainsi faite, toujours à la recherche du potin, du moindre indice qui me permettra d’imaginer de quelle manière se déclinaient les pans intimes de la vie de Léo. Or, Robert Belleret, le biographe, ne s’adresse pas aux fouineuses de potins de mon espèce. Il rend justice aux œuvres de Ferré d’abord et avant tout. Dans les pages que je viens de lire, il prend le temps qu’il faut pour décrire une création pour chœur, chanteurs solistes et orchestre qui s’intitule De sacs et de cordes. Ferré en a écrit la musique et le texte. Il s’agit d’un long poème symphonique qui requiert la présence d’un narrateur –ce fut Jean Gabin. Le personnage principal du poème est une sorte de Carmen en version masculine.
« Un homme de sac et de corde », par ailleurs, est une expression qui signifie qu’on a affaire à un truand, à un malfaiteur. Bien entendu, je ne le savais pas.
Il y a plusieurs autres mots, dans le livre, que je ne connais pas. Ainsi, un maroufle. J’ai déjà lu le mot, j’ai peut-être déjà su ce qu’il signifiait, mais aujourd’hui je serais bien en peine de lui donner un synonyme. En revanche, je connais la technique du marouflage, en peinture. Mais à propos d’une personne, être maroufle, c’est enviable ou pas ? Ça ne l’est pas, à moins de privilégier la malhonnêteté.
Et une personne bégueule ? C’est une personne qui parle beaucoup, ou pas beaucoup ? Il est dit de la première femme de Léo, qui se nomme Odette Shunck, qu’elle n’était pas bégueule. J’ai pensé que ça voulait dire qu’elle ne parlait pas beaucoup, puisque ce soir-là, tel que raconté dans le livre, Odette avait consulté une encyclopédie médicale sans dire un mot à personne. Le couple passait la soirée chez des amis. Être bégueule, pourtant, ça n’a rien à voir avec s’exprimer peu ou pas, c’est affecter une pruderie qu’on ne ressent pas vraiment, c’est faire semblant d’être prude. Je ne vois pas le lien avec l’encyclopédie médicale. Il va falloir que je feuillette les pages à rebours à la recherche de ce passage pour mieux le comprendre. Avoir accès à une version électronique du livre serait mille fois plus pratique. Je chercherais « bégueule » et j’obtiendrais un résultat immédiat.
Pour en revenir aux sacs et aux cordes : bien qu’ayant lu les pages décrivant cette œuvre pas plus tard qu’il y a disons deux heures, j’avais déjà transformé le titre dans ma tête, au moment d’écrire ces lignes, pour aboutir à De sacs et de cordages. Il y a un passage de ce long poème qui situe en effet le héros sur un bateau, dans un rôle de pseudo pirate, d’où l’apparition des cordages…
À cette époque des cordes/cordages, Ferré a 34 ans. Il se cherche encore. Il cherche sa voie. Il pense qu’elle se situe du côté de la musique dite classique, mais il va découvrir plus tard qu’elle flirte plutôt avec la chanson, qu’il considère alors comme un art mineur.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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