Jour 384

Hier à pareille heure, vers 17:30, je m’apprêtais à m’installer sur une terrasse de la rue Bernard, à Outremont, en compagnie de ma sœur. Nous sortions du concert de la chorale d’Emmanuelle, dirigée par son père, dans laquelle chantent sa tante, la compagne d’un de ses deux frères, et son autre frère. Une affaire de famille. Une musique céleste. Le concert avait lieu dans une chapelle de la rue St-Viateur. Nos pas nous ont menées ensuite, sans qu’on s’en rende compte, jusqu’à la rue Bernard. Nous avons d’abord marché jusqu’au parc où se trouve un court de tennis, je ne sais plus quel nom porte ce parc, bien que je l’aie traversé des dizaines de fois, puis nous sommes revenues sur nos pas, non sans constater que l’appétit commençait à nous tenailler. Nous avons atteint rapidement le Café Souvenir, consulté le menu sans conviction, nous tournant alors vers le menu, juste à côté, du Petit Italien.
– Qu’est-ce que tu as envie de manger ?, m’a demandé Bibi.
– Peut-être des pâtes, ai-je répondu, je n’en mange jamais. On pourrait s’installer à l’intérieur, ai-je suggéré, mon regard se posant au même moment sur l’intérieur du bistro, il n’y a personne !
– Bonne idée, a répondu Bibi en me suivant.
– On entend de la musique !, s’est-elle aussitôt exclamée en mettant le pied à l’intérieur.
Nous sommes retournées dehors, sans attendre ni une ni deux, dans la musique de la vie et des passants. Il faut savoir que ma sœur est allergique –notamment– à la musique dans les bistros, et à la mastication du popcorn dans les cinémas.
Retournant dehors, j’ai fait preuve d’une subtilité sans nom, voici comment. J’ai repéré une table pour deux en bordure du trottoir. À cet endroit de la terrasse, les tables sont d’un côté bordées de chaises, et de l’autre d’un long banc de bois, de type banc d’église. Je me suis empressée de me glisser sur le banc, la hanche droite allant se coller sur l’accoudoir, et de là, confortablement installée, j’ai demandé à Bibi si la table que je venais de choisir lui convenait. Heureusement elle a répondu oui, et c’est ainsi que j’ai pu passer le temps du repas en me sentant entièrement libre du côté droit, qui donnait sur les passants.
Cela s’est déclenché très vite dans ma tête : j’ai réalisé que si j’allais m’asseoir là où je me suis assise, et tel que je viens de le décrire, j’allais faire un clin d’œil à un de mes textes, sur mon blogue, dans lequel j’avais décrit l’emplacement du bureau où je m’apprêtais à déménager, c’était il y a longtemps, bureau que j’allais occuper avec Ludwika. Ce bureau était en effet le dernier du corridor, à proximité d’une porte qui donnait sur les escaliers nous menant dehors. J’avais écrit à propos de ce bureau, empruntant en cela au vocabulaire militaire, qu’il jouxtait la « zone libre ».
Nous avons connu un très agréable moment à la table de la terrasse qui jouxtait la zone libre que constituaient les passants –hommes, femmes, enfants à pieds et enfants sur trottinettes, chiens en laisse. Je n’ai pas mangé de pâtes mais le poisson du moment (abrévié PM sur le menu) au prix du marché (abrévié PM également sur le menu). Du bar aux asperges et aux pleurotes, délicieux, mais servi en trop petite quantité. Bibi a mangé des spaghettis alla puttanesca, eux aussi délicieux. J’ai payé l’addition, je dirais que le prix fut faramineux.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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