Jour 386

TropLarge

Il est beaucoup trop large d’un côté. Ça plisse. Et je n’aime pas les couleurs rose fille et bleu garçon. C’est hétéronormatif, dirait Emmanuelle. Si je devais lui donner un nom, ce serait Largo.

Ça y est, j’ai fureté un peu mieux dans le quartier domiciliaire –au volant de ma voiture– et j’ai trouvé à quel endroit il se construit une nouvelle maison qui nécessite un important remblaiement de terre. L’an dernier, une maison a été construite juste à côté de chez nous, qui a nécessité la livraison de 200 chargements de terre ! Ça fait tout un boucan à chaque passage du gros camion. Je préfère mille fois les décibels à la baisse de mon voisin jeune homme qui me parle tout en roulant à petite vitesse sur sa bicyclette.
Quand je suis seule comme c’est le cas depuis deux jours, mon mari étant en déplacement, j’en profite pour me mettre à jour dans mes expériences diverses. Ainsi, j’ai vérifié ce matin comment se portent mes plantations de noyaux de dattes et de mangue, cachées dans mon garde-robe et couvertes d’une serviette épaisse pour rester au chaud. Les dattes n’ont rien donné, et la mangue a peut-être des chances de produire un arbuste quelconque, il est sorti de terre une tige rose tendre de trois centimètres. Hier j’ai planté des patates dans un gros pot. Trois patates, six moitiés.
J’ai enfin fini le premier carré tricoté de ma série de seize (mais ma cousine m’aide). Il est trop large d’un côté. Il va falloir que je trouve une manière de dissimuler les plis lors de l’assemblage avec l’autre panneau.
J’ai reçu un appel du CHUM. Je dois me présenter à une réunion préopératoire à la fin du mois de juin. Je sais de quoi il en retourne puisque j’ai vécu une telle réunion il y a six ans. C’était à l’Hôtel-Dieu, nous étions une quinzaine de personnes autour d’une grande table dans une salle frigorifiée parce que l’air climatisé y était incontrôlable. L’infirmière qui donnait l’atelier –ce qu’il faut savoir sur l’avant et l’après d’une opération majeure– avait tellement froid qu’un des participants lui avait prêté son veston qu’elle avait déposé sur ses épaules. Plus tard, j’ai découvert que cette femme avait des convictions religieuses. Son aire de travail –où elle nous piquait le doigt pour tester la vitesse de coagulation– était entourée d’icônes de vierges et de saintes.
Il y avait quand même un certain charme à ces déplacements mensuels à l’Hôtel-Dieu. Nous nous mettions en rang pour nous laver les mains, puis nous attendions notre tour debout dans le corridor, et nous étions piqués anonymement. Le résultat du test, un chiffre idéalement situé entre 2.5 et 3.5, était ensuite inscrit dans une case de notre « carnet de Coumadin ». Maintenant, c’est plus campagnard comme méthode : j’arrive dans le bureau exigu de l’infirmière, elle me dit « Bonjour Mme Longpré », me fait asseoir en face d’elle, range ses papiers, sort l’engin testeur et ne me demande pas si je me suis lavé les mains. Il n’y a plus de gestion de carnet. Si le test n’est pas bon, la pharmacienne me dit de revenir dans une semaine, et s’il est bon dans un mois.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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