Jour 413

perruqueCette année-là qui a vu naître Yasmine, j’étais en relation avec Clovis, cela ne me fait pas revisiter une période idéale de ma vie. Je me rends compte qu’il n’y a que ça, du Yasmine et du Yuri Yourmanof, jusqu’à la fin de ma pile de feuilles, jusqu’à la fin des 253 pages de ma deuxième année d’écriture. Je lis sans me dépêcher pour autant, j’assume ma folie expérimentale, j’absorbe mon errance, ma désorganisation. Je me demande à quoi il m’aura servi d’écrire ces pages échevelées, sinon me permettre de créer, de m’évader dans un espace où n’existe aucune contrainte. J’y aurai quand même consacré plusieurs heures…
Je dois avouer qu’avec le tricot c’est un peu pareil, je tricote sans compter mes lignes et mes mailles, à la seule fin de me relaxer, de décompresser. D’où il ressort que je n’ai pas réussi encore à tricoter quelque chose de beau, un vêtement, un bonnet, des mitaines… Je tricote exclusivement des carrés d’à peu près 8"X8".
Mais il m’est arrivé de peindre sans effort, sans réflexion préalable, en m’abandonnant au geste du bras et de la main qui tient le pinceau. Le résultat fut nettement moins désolant que les élucubrations de la grande Yasmine.
À propos de peinture, j’ai couvert hier une toile de gesso blanc, et une autre de même format de gesso noir. J’ai versé sur la toile noire, une fois sèche, le contenu complet de sept petites bouteilles de vernis à ongles, des petites bouteilles que m’a données ma fille. J’ai versé le vernis en inclinant les bouteilles pour ne faire couler qu’un mince filet de couleur, tout en effectuant des mouvements circulaires de la main. J’ai ensuite déposé la toile blanche sur la noire, en pressant légèrement partout pour m’assurer que le vernis, sur la toile noire, touchait le canevas blanc du dessus. Mon but était d’obtenir le même motif sur les deux surfaces aux couleurs de fond contraires. Pour l’instant, le résultat me fait penser, à cause des petits cercles obtenus, aux perruques portées par les membres de la cour de Louis XIV. Ou encore on peut y voir des chenilles.
Je ne sais pas, encore ici, quel sera le résultat final de ce nouveau projet.
Je m’arrête là, je m’en vais retrouver Yasmine. Cela me fait penser au livre de Michel Gosselin, le biographe d’Anne Hébert : En route, et pas de sentiment.
En route (vers ma chambre), et pas de sentiment.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s