Jour 422

rubansJ’ai parfois tendance à faire des choses dans le seul but de m’en débarrasser. C’est ce qui s’est produit avec ma structure aux rubans multicolores. Ils font huit pieds de longueur. Je les ai achetés l’été dernier au magasin de tissus du village. Cela fera bientôt un an.
Je les ai alors épinglés un à un sur un cercle constitué d’un fil de fer auquel j’avais donné une forme arrondie. Sous le poids quoique léger des rubans, le fil s’est déformé, passant d’un cercle à une sorte de losange approximatif.
Je savais avant même de commencer le projet que le fil allait s’avérer trop mou, mais on aurait dit que cela ne me dérangeait pas. La structure a été suspendue quelques semaines dans notre entrée au toit cathédrale, mais au bout d’un moment, le losange allant s’étirant, je l’ai enlevée et simplement déposée sur la rampe de l’escalier qui mène aux chambres.
Les mois ont passé.
Hier, j’ai voulu régler son cas à ma structure ratée –toujours déposée sur la rampe. Dans un deuxième essai, j’ai refait un cercle avec du fil plus solide. Il ne s’agit pas tant d’un cercle que d’un
slinky, étant donné que le fil était vendu enroulé sur lui-même. Comme il est résistant, il conserve sa forme arrondie au fur et à mesure qu’on le déroule et au final on obtient une évocation de slinky (qu’on appelle ondamania en français semble-t-il). Donc, hier, pendant qu’il pleuvait ici et que la Basilique Notre-Dame était la proie des flammes à Paris, j’ai passé l’après-midi à manipuler le slinky.
Au centre de celui-ci, j’ai placé un contenant vide de poudre de cacao. J’ai percé le contenant de trous avec un petit clou, et j’ai zigonné en masse pour faire en sorte que le slinky soit fixé au cylindre en faisant passer une ficelle par les trous. C’est cette partie du projet qui m’a fait beaucoup zigonner car mes mains étaient trop grandes pour le volume du contenant cylindrique. Ensuite, ce fut l’enfance de l’art d’épingler les rubans jusqu’à obtenir le résultat ci-dessus. Sans le contenant de cacao, les cercles du slinky se touchaient l’un et l’autre en créant un amas informe.
Encore ici, je sais que ma structure n’est pas solide, qu’elle ne tiendra pas la route, qu’elle n’est pas belle, qu’elle va me faire des clins d’œil jusqu’à temps que je me décide à la prendre au sérieux. En fin de compte, la seule chose qui importait hier, c’était de libérer la rampe de l’escalier. Ce n’était pas de réfléchir, de planifier, de créer intelligemment. J’ai l’impression que je ne suis pas prête à produire cette structure à trois dimensions, et que plutôt que de la laisser traîner, ou de la ranger, je lui ai temporairement donné vie sans conviction, en attendant de trouver une idée d’assemblage qui va me séduire.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s