Jour 448

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ÉES et le Mystère Carmen au TNM.

Qu’est-ce que j’ai préféré de mes récentes aventures à Montréal ? La soirée au TNM où j’ai assisté à la représentation du Mystère Carmen ? L’après-midi du lendemain passé en compagnie d’Oscarine ? Le souper ce même lendemain avec mon ex belle-sœur ? La conversation dans la cuisine avec chouchou, le soir de ce même lendemain jusqu’à minuit –nous menant au surlendemain ? J’ai tout aimé.
Le plus instructif de ces événements fut sans contredit le récit d’Éric-Emmanuel Schmitt qui retrace le parcours du compositeur Georges Bizet, selon une approche je dirais philosophique et psychanalytique. J’aimerais mentionner ici qu’une de mes fidèles lectrices, qui se reconnaîtra peut-être, aurait savouré chaque minute de la soirée. D’une part, elle est musicienne, quand le récit d’ÉES est ponctué d’intermèdes musicaux avec les prestations d’un pianiste et de deux chanteurs, un ténor et une soprano. En fait, le pianiste appuie le narrateur et joue presque tout le temps, tandis que les chanteurs, par moments, ne sont pas présents sur scène. D’autre part, et rejoignant en cela les intérêts de mon amie lectrice, le texte de ce spectacle musical nous fait découvrir les étapes de la construction de l’opéra Carmen, ou de la genèse de sa création, pour parler moins mécaniquement. Par exemple, on y apprend que Bizet a écrit douze versions de L’amour est un oiseau rebelle, avant de trouver la bonne, la signifiante, la poignante, l’aérienne, la presque cruelle. La première version, qui est présentée aux spectateurs –mais pas les onze autres !– était pas mal « pompier ». Or, à force de chercher, et sur les conseils d’une interprète, Bizet a fini par donner naissance à la version sublime qui nous donne des frissons.
Sur le plan justement de la recherche, j’ai renoué au cours de ce spectacle musical avec certaines de mes préoccupations personnelles, lesquelles ont été exprimées dans mes textes au fil des ans, en ce qui a trait à ma voie : où est ma voie; se pourrait-il qu’elle n’ait eu de cesse de m’échapper; se pourrait-il que ma vie se soit déroulée tout croche tout de travers parce que je n’ai pas eu la vigilance, le flair, l’intuition, l’intelligence, la sensibilité de la remarquer, voire de la saisir, lorsqu’elle s’est présentée ?
Ce spectacle musical encore m’a amenée à constater que je n’ai rien compris et que je commence seulement à (me) comprendre, à la veille de mes soixante ans : ma voie se trouve là sous mes pas. Elle n’existe pas par magie, créée par un Dieu omniscient, en attente que je l’attrape au vol. Elle n’est pas réservée qu’aux initiés, qu’aux plus futés, qu’aux êtres dont le discernement serait supérieur à celui du restant de l’humanité. Ma voie, c’est moi, c’est ma vie, c’est ce que je fais de ma vie. Fiou ! Ça m’en aura pris du temps pour comprendre que je suis au volant du véhicule, que c’est moi qui décide du trajet, ou du moins que c’est moi qui conduis en me laissant porter par les hasards du trajet…
Un autre aspect du spectacle explore le côté féministe du personnage Carmen, mais comme je ne suis pas tellement d’accord avec la conclusion d’ÉES à ce propos, et que je n’ai pas les mots justes pour exprimer ma pensée et que ça ne me tente pas de les chercher, je m’arrête déjà là.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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