Jour 453

Voici, de manière très très personnelle, ce qui me vient à l’esprit quand je pense à chacun des invités présents lors de l’anniversaire de Denauzier.
L’amie J. portait une tenue originale et élégante qui faisait honneur au rouge. À cause du rouge, cette tenue, pantalon et veste, attirait mon regard lorsque, juchée, je m’adressais à mon auditoire.
Son compagnon P. portait une chemise grise à manches longues. J’ai eu tôt fait de remarquer qu’elle était fraîchement repassée, pourtant il l’avait portée toute la journée. P. est celui des amis qui a tranché le saumon et accepté de réduire les pommes de terre en purée.
L’autre ami M. sait faire vibrer nos cœurs. Il a eu un mot pour souligner l’anniversaire de mon mari qui résume à merveille le parcours des dix dernières années de Denauzier. Sa compagne, G., fait battre ses cils de manière irrésistible à chaque mouvement des paupières. Je suis certaine qu’elle ne s’en rend pas compte. On dirait une biche.
Une autre amie était parmi nous, discrète comme à son habitude. Je voulais aller échanger quelques mots avec elle, mais d’une chose à l’autre j’ai été happée.
La sœur de Denauzier est d’une grande beauté, je lui ai déjà dit qu’elle me faisait penser à Marie-Ève Janvier. Son mari, au physique élancé, m’a causé la plus grande surprise lorsque, un matin, je l’ai vu tartiner sa tranche de pain grillé de plus d’un pouce d’épais de confiture.
Le frère de Denauzier m’a déjà dit quelque chose de réconfortant de sa voix douce que je retiendrai toute ma vie. Sa femme bouge ses mains avec un léger balancement du tronc d’une manière particulière qui lui nuirait si elle était, admettons, une meurtrière. À moins de se les tenir attachées, on la reconnaîtrait tout de suite.
La maman de Denauzier est très belle et à chaque fois que je le lui dis elle pense que je me moque d’elle.
Nous avons pris en photo notre petite-fille de trois ans. Sur la photo, elle met ses lunettes fumées à l’envers, comme l’a déjà fait Emma au même âge. À l’époque, j’avais dit :
– Emma, tu mets tes lunettes à l’envers.
Elle avait répondu :
– Non, pas à l’envers.
J’ai voulu refaire le test. J’ai dit à la petite :
– Sais-tu que tu mets tes lunettes à l’envers ?
J’étais convaincue qu’elle allait répondre :
– Non, pas à l’envers.
Eh bien non, elle a retiré la monture de son visage, elle l’a regardée, et l’a replacée correctement, à l’endroit !
Chouchou a dormi avec la petite. Au premier mouvement de son corps, comme elle allait s’endormir, elle a entendu un Couac ! de canard qui était caché sous les couvertures.
La plus jeune fille de Denauzier n’a pas tellement profité de la soirée parce qu’elle était malade, ainsi que son compagnon. J’ai eu l’occasion de sauver ses clefs d’une perte éventuelle car la petite avait déjà la main dessus quand je me suis trouvée à passer au bon endroit, au bon moment.
L’autre fille de Denauzier est à l’origine de l’achat des lunettes fumées. Elle est aussi à l’origine de l’achat de bonbons, que la petite appelle « des bommbons ». Je me suis dit que ç’allait être difficile, gérer l’envie des bommbons, mais ce ne fut pas le cas. Son compagnon est un homme timide qui, bien que timide, nous a proposé de retourner encore cette année à la cabane à sucre en compagnie de ses parents.
Ma tantine est ma tantine. Je suis allée m’asseoir au bout de la table, lors du repas, pour lui tenir la main.
– Contente que tu viennes t’asseoir, belle nièce, m’a-t-elle dit.
Je lui ai aussi tenu la main lors de photos que nous avons prises plus tôt cette semaine, dans un restaurant, lors d’une mini-fête. J’avais aussi tenu la main de ma grand-maman de la même manière pour une autre prise de photos, il y a de cela vingt-sept ans.
Les Pattes sont les pattes.
– Tu manges toujours autant ?, lui a demandé mon beau-frère, interloqué.
– Oui, a-t-il répondu.
Idem, plongée dans le passé : je me suis rappelé qu’il avait mangé un paquet complet de douze saucisses à hot-dog, une après l’autre, lors d’une fête en été. Je n’en étais pas revenue.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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