Jour 455

bonhommeNeige

Land art abitibien. On peut voir un visage dans la fine couche de neige qui est collée sur la paroi du seau, vaguement inspiré de celui de Grujot, ou de Délicat.

En Abitibi, nous avons fait un bonhomme avec les enfants. Nous, c’est moi, la seule adulte à me mettre à genoux dans la neige, profitant de l’étanchéité de mon pantalon North Face bleu ciel, acheté dans la section Junior du magasin Sail il y a maintenant quelque temps. Comme la neige n’était pas collante, et que les enfants voulaient quand même faire un bonhomme, et que je voulais jouer avec eux pour les distraire et me faire prendre un peu d’air, j’ai eu l’idée d’accumuler des morceaux de neige glacée que la charrue avait tassée dans un coin de la cour. On a mis les morceaux les uns sur les autres, et on a obtenu la figure ci-contre.
– Il manque un chapeau, a déploré une petite.
Alors je me suis rabattue sur un seau de métal qui traînait non loin.
– Il n’a pas de visage !, a déploré la même petite. Et pas de carotte pour le nez !
Je m’en suis sortie avec un sandow vert, qui ne semble pas vert sur la photo.
– Il n’a pas de visage mais il a un beau sourire !, ai-je proposé en accrochant l’élastique au seau.
Les enfants n’ont rien répondu.
Il s’agit d’art éphémère bien entendu, sachant que la neige fond. La seule fonte serait venue à bout de bonhomme en quelques jours de temps doux, mais comme il fallait libérer de l’espace pour les voitures, bonhomme s’est fait éventrer par un quatre roues moins de vingt-quatre heures après son existence !
De trois choses l’une : soit les petits ne se sont pas rendu compte de l’éventration, soit ils se fichent pas mal du bonhomme une fois qu’il est fini, soit ils n’ont pas réalisé qu’il était possible de voir, dans ma structure, une ressemblance avec un bonhomme.
De toute façon, comme j’ai pris une photo, il n’est pas si éphémère que ça.
Pour me rendre à Val d’Or, et comme je l’ai mentionné précédemment, j’ai pris l’autobus. En calculant tout, de la maison à celle de mon frère les Pattes où j’ai laissé ma voiture, de chez mon frère les Pattes au terminus de Joliette –j’ai marché car ce n’était pas loin–, du métro Radisson où m’a déposée l’autobus de Joliette au métro Berri où m’attendait un autre autobus, celui qui allait me garder six heures en son sein, cela a pris dix heures. Ce n’est pas tout à fait exact, le six heures en son sein. Après quatre heures de route, il y a un arrêt pour se dégourdir, quelque part dans la pourvoirie du Parc de la Vérendrye.
J’ai eu mal au cœur au bout d’un moment pendant la route, donc j’ai dû interrompre ma lecture des Mémoires d’une jeune fille rangée. Je me suis tournée vers des revues, j’en avais apporté six parce que j’ai l’exagération facile. Je les ai consultées mollement, sans conviction, mais assez pour y trouver une recette de bœuf Stroganoff à la mijoteuse que je me propose d’essayer ce vendredi, pour l’anniversaire de mon mari.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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