Jour 457

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Elle était pas si pire, dans le fond…

Il ne faudrait pas que j’oublie de respirer. J’augmente la cadence d’écriture de mes textes ces derniers jours, en exploitant le créneau de la virtuosité musicale, pour rattraper un léger retard dans mon décompte annuel et pour atténuer l’effet de non écriture qui s’en vient, à partir de demain, car je vais passer une semaine en Abitibi. Je vais m’y rendre en autobus. Au secours ! Je me demande, écrivant ces lignes, si je désire coucher cette nuit sur le canapé, chez les Pattes, à Joliette, pour ne pas avoir à faire le trajet St-Jean-de-Matha-Joliette demain matin, auquel va s’ajouter Joliette-Montréal dans un premier autobus, et ensuite Montréal-Val d’Or dans un deuxième. Si je n’arrive pas à trouver le sommeil, sur le canapé, ce n’est pas grave parce que j’aurai toute la journée pour dormir dans l’autobus. Je me demande aussi si je vais acheter mon billet en avance par Internet, celui pour Val d’Or. Compte tenu de la distance, ce n’est pas si tant cher, 92$. Je me demande si je vais être capable de lire pendant le trajet parce que parfois ça me donne mal au cœur. Je me demande si je vais être encore vivante à mon arrivée.
Donc, à la veille de ce départ et pendant l’absence de mon mari ces derniers jours, j’ai peint mes spirales et j’en retire une certaine satisfaction, et j’ai écrit des textes, imprégnée d’une musique sublime. Hier soir, j’ai tenté de transformer ma pomme. De pleine, j’en ai fait une croquée.
Vers onze heures, je suis allée me coucher, une panne d’électricité m’aidant à arrêter de travailler. Je n’étais pas couchée que l’électricité revenait, je suis donc descendue pour vérifier que tous les appareils étaient bien éteints, et je suis remontée.
J’ai réfléchi, enfin tranquille sous les couvertures, au fait que je travaille comme un robot, je me prends pour une musicienne asiatique, finalement. J’espérais réussir trois ou quatre toiles, cette dernière semaine, or je n’en ai réussi qu’une seule.
J’ai pensé aussi à Jean Sibelius. Nous sommes en 1900, il est habité par son concerto, est-ce qu’il y a de l’électricité dans sa maison ? Écrit-il à la bougie en l’absence de la lumière du jour ? Est-ce qu’on peut se représenter combien de notes il y a à écrire pour tous les instruments de l’orchestre ? Je me demande qu’est-ce qu’il entend dans sa tête, quand il compose, est-ce qu’il entend toutes les notes de tous les instruments en même temps, comme nous on les entend parce qu’elles sont bel et bien jouées ? Avait-il l’oreille absolue ou relative ?
J’ai pensé ensuite à Michel Legrand. Le dernier chapitre de sa biographie s’ouvre sur l’énumération des événements qui étaient à son programme dans un concentré de temps. Il a peut-être eu l’occasion de vivre un ou deux de ces événements, puis il a souffert d’un ennui pulmonaire nécessitant l’hospitalisation, et cela s’est terminé par une septicémie qui l’a emporté. Ça veut dire, mais je résume assez grossièrement, que le rythme effréné de sa vie ne s’était guère ralenti.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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