Jour 461

vengerov

Maxim Vengerov, violoniste russe.

Finalement j’ai vidé le foyer tout à l’heure, du moins une partie. J’ai passé l’aspirateur pour avoir l’impression de respirer moins de particules de poussière de bois.
Je me suis réveillée avec un mal de tête, qui n’est pas tout à fait parti, pour avoir trop joué dans la fumée hier soir, en essayant de réanimer le feu. Puis, réalisant que ma voiture était dehors, par ce temps de neige, je me suis sortie du lit aussitôt, il était 8:45, pour venir la mettre dans le garage, de manière à libérer l’espace si la charrue vient à passer pour déneiger la cour.
J’ai bu un grand verre d’eau, et là c’est un café chaud.
J’ai d’abord fait des petites lignes, une fois le feu reparti et l’aspirateur passé. En écoutant le concerto pour violon de Sibelius. J’ai choisi cette fois un violoniste masculin, Maxim Vengerov, un Russe. Sur la page Wikipédia qui documente son parcours, il apparaît habillé à la Elvis, il porte des lunettes fumées, une petite veste de biker sans manches, un gros ceinturon à boucle métallique, une chaîne qui sort de la poche avant, à côté du ceinturon, etc. Il a commencé l’étude de son instrument à quatre ans.
C’est bien pour dire à quel point les stéréotypes sont tenaces et ancrés dans ma personne, je me sens plus en confiance quand je l’écoute que lorsqu’il s’agit d’une femme, moins inquiète qu’il se trompe. Il est un homme, il est solide, il est un roc. Autre cliché bien ancré : je ne m’inquiéterai nullement, bien qu’elle soit de sexe féminin, d’une interprète asiatique : dans mon esprit, elles sont entraînées comme des robots et un robot ne connaît pas le phénomène du trac.
Malheureusement, je ne suis pas capable d’écrire et d’écouter de la musique en même temps, alors après les petites lignes de mon début de journée, j’ai stoppé l’écoute de la vidéo, mais je vais m’y remettre quand je repasserai aux petites lignes.
Les extraordinaires musiciens qui rendent notre vie meilleure et partagent leur talent avec les quidams mélomanes ou non mélomanes que nous sommes, sont des êtres qui mangent, boivent, dorment, comme nous. Qui ont des enfants. Mais qui ont aussi une vie d’exception. Il existe plein de gens d’exception, dans tous les domaines, mais je suis plus impressionnée par les musiciens parce que je les ai vus de près, à l’œuvre, au Conservatoire. Je pense à Catherine Perrin, bien qu’elle ne soit pas de niveau virtuose au clavecin, autant que le sont les interprètes que j’écoute depuis hier sur YouTube. Elle était dans le même autobus que moi, une fois c’était il y a bien entendu quarante ans. Elle argumentait avec le chauffeur, elle considérait qu’elle n’avait pas à fournir de billet pour son trajet car il était arrivé quelque chose, je ne sais plus quoi. Elle parlait fort, très à l’aise, tout le monde l’entendait, elle faisait ses gammes en vue de devenir présentatrice culturelle à Radio-Canada. Elle insistait, elle voulait gagner, mais son adversaire était fermé comme une huître, incapable d’argumenter, se bornant à exprimer un refus catégorique. J’étais sortie de l’autobus dans un état d’ambiguïté considérable : cette jeune femme avait devant elle un brillant avenir, comment allais-je m’y prendre pour suivre ses traces, ne serait-ce que minimalement, pour me créer un avenir minimal ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s