Jour 475

animalière

Sans rapport au texte. Pour le seul plaisir de l’imprimé. Mais quand même, un rapport, la belle dort et rêve peut-être, aux grenouilles.

J’ai fait un rêve qui me semble positif. J’étais avec d’autres en bordure d’un lac, avec vue plongeante sur l’eau car nous étions situés assez haut sur une galerie. Je passais derrière un ancien confrère du Séminaire et je me faisais la remarque que ce n’était pas le temps de le pousser car, compte tenu de la hauteur avant d’atteindre l’eau, il aurait pu se blesser. Or, c’est lui qui me poussait, d’un mouvement du bassin et des fesses, et comme je passais très près de lui, son mouvement était suffisant pour m’atteindre et me faire dévier. Je le trouvais drôle, dans le sens de amusant, de m’avoir fait ce que je m’étais dit qu’il ne fallait pas que je lui fasse. J’allais m’asseoir juste un peu plus loin et, en observant l’eau, il me semblait que j’en voyais le fond, pourtant c’était pas mal creux puisqu’on pouvait y plonger sans risquer de se blesser. C’était rassurant de voir le fond de l’eau, moi qui ai rêvé pendant des années que je plongeais dans une eau super archi noire dont je devenais prisonnière, seule au monde et sans aucun repère. Je me réveillais systématiquement en sueurs, en panique.
– On dirait qu’il y a une lumière au fond de l’eau !, m’exclamais-je.
J’aimais l’effet que créait cette lumière, cela m’apparaissait comme le prolongement, dans l’eau, de la vie sur terre. C’était comme si l’univers de l’eau ne constituait plus un mystère troublant, une menace. L’eau devenait un milieu de vie dans lequel le problème de la respiration ne se posait pas.
– Ça ne se peut pas qu’il y ait une lumière dans le fond, disait quelqu’un.
– Une lumière qui proviendrait d’un projecteur, une lumière bleue, ajoutais-je. Regardez, entre mes jambes on en voit très bien le faisceau.
J’étais effectivement assise les jambes en l’air et écartées, en équilibre précaire sur le coccyx, comme si je pratiquais un asana de yoga –pour ne pas faire référence à autre chose. Un homme arrivait qui se plaçait derrière moi et constatait qu’effectivement un faisceau de lumière bleue nous faisait des signes.
– C’est normal, disait alors une voix parmi nous, il y a une pièce de théâtre qui va bientôt commencer.
On voyait en effet bouger des décors poussés par des techniciens –dont les pieds s’enfonçaient légèrement dans la vase– et apparaître sur scène une salle qui ressemblait à un bar, un bistro, une taverne…
– Je n’y assisterai pas, me disais-je, n’ayant pas envie de me mouiller et de grelotter –et peut-être de manquer d’air.
Je choisissais d’aller explorer un autre endroit, et je me trouvais alors dans le sous-sol d’un grand édifice où étaient regroupés les services essentiels de type cuisine, plomberie, électricité… J’étais contente de me trouver là et de croiser ce que j’appelais du vrai monde, c’est-à-dire des employés efficaces, qui connaissaient bien leur métier, des manuels –par opposition aux intellectuels. Des manuels hommes. Il n’y avait pas de femme dans mon rêve.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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