Jour 495

forcedunombre

La force du nombre, 53"X30", acrylique, crayons gel, papier.

Il y a 2 665 petites masses jaunes qui couvrent cette toile, toutes numérotées. Elles constituent l’arrière-plan en forme de cercles. La toile est suspendue au mur le long de l’escalier qui mène aux chambres à coucher. C’était en mai 2017 et d’ailleurs, à cette époque, j’ai mis en ligne un détail de cette toile, au Jour 854. Je la trouvais fade, ainsi couverte de son seul effet mosaïque. Je me suis longtemps demandé qu’est-ce que je voulais mettre à l’avant-plan.
Dans un premier essai effectué quelques mois plus tard, j’ai couvert le centre de la toile de taches noires protéiformes. Drôle d’idée, le noir. C’est ça le problème avec moi, je ne suis pas capable d’imaginer l’effet produit par un ajout sur une toile tant que je ne l’ai pas essayé. Je n’ai pas tardé à camoufler le noir par du violet, du sarcelle et du blanc, comme on peut le voir ci-contre. Ces trois couleurs ont l’avantage de créer de la vie. La toile a alors vécu dans la rencontre insipide d’un arrière-plan mosaïque et d’un avant-plan tricolore qui donnait l’impression d’être abandonné à lui-même.
Un soir que j’étais seule à la maison et que je cherchais à améliorer le pauvre sort de ma création, j’ai ajouté les cercles rouges qui forment une sorte d’essaim encore visible sur la photo. J’ai aussi fait d’autres essais, à d’autres moments, en parsemant la surface d’un effet tampon de la grosseur d’une bille qui n’est plus guère visible. Je pense que j’ai utilisé des boules de ouate pour obtenir cet effet. J’ai aussi collé du papier de soie sur lequel sont imprimés des flacons de parfum. Ces tentatives n’ont rien donné d’autre qu’une toile qui n’allait nulle part, couverte d’approches hétéroclites.
J’étais à la recherche d’une cohésion que je ne trouvais pas.
Puis, la semaine dernière, alors que Denauzier était à la veille de se rendre à Calgary, j’ai levé la tête en direction de la toile. Je pense que je me rendais au sous-sol, mettre du linge dans la machine à laver, et en cours de trajet mon regard s’est posé une microseconde sur la toile. C’est alors que je me suis demandé pourquoi je n’avais pas pensé à la couvrir d’un vase rempli de tiges vertes, décorées de feuilles étroites et élancées. Tout cela, le vase, les tiges vertes, les feuilles élancées, s’est imposé à mon esprit de manière très claire.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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