Jour 525

version2Macaronis

État de la situation le 4 décembre 2018.

Voici où j’en suis avec mes macaronis. Les bruns à saveur de marrons ont reçu leurs extrémités de couleur sarcelle, mais les noirs à saveur d’encre de seiche sont toujours dépourvus d’extrémités, parce que la couleur « or vert » que j’avais apportée au chalet –car c’est au chalet que je me trouvais ces quatre derniers jours–, était presque translucide. Elle ne paraissait pas sur le noir, même appliquée en deux couches. J’ai voulu ajouter du blanc à cette couleur translucide, mais j’avais oublié mon contenant de blanc à la maison. Je me suis tournée vers un peu de rouge, ayant peu de tubes à ma disposition, mais tout au plus le rouge a-t-il pris une légère nuance terracotta.
Sur la table de la cuisine qui était déjà très encombrée d’affaires, allant de mitaines de motoneige à une pelote de ficelle, de vise grip à une petite pile de livres que j’avais apportés –comme si j’allais être capable de les lire tous en quatre jours–, il y avait un beau contenant jaune de moutarde French. Je me suis dit pourquoi pas, et j’en ai versé dans mon mélange terracotta. Il n’a pas changé de couleur après une première quantité, alors j’en ai mis un peu plus, idem pas de changement, et j’en ai mis un peu plus encore, idem à peine un adoucissement de la nuance.
– C’est drôle, a alors dit mon mari qui était à l’autre bout de la pièce, ça sent la moutarde tout d’un coup.
Je n’ai rien répondu, absorbée que j’étais à mon brassage de substance qui prenait un aspect de plus en plus grumeleux. Je trouvais intéressant que la texture change, mais c’est d’une couleur pimpante dont j’avais besoin et je ne l’obtenais pas.
– Je continuerai à la maison, me suis-je dit en allant jeter le mélange à la poubelle, événement rarissime car je n’aime pas gaspiller.
Je me suis alors tournée vers mon nouveau livre, acheté sur un coup de tête, une biographie de Michel Legrand écrite par Stéphane Lerouge, J’ai le regret de vous dire oui. Le livre me fait constater, une fois de plus, à quel point on est différent des autres humains quand on naît avec le génie musical. Il semble qu’une substance magique circule dans les veines des musiciens. Une substance semblable circule peut-être dans les veines d’artistes de génie appartenant à d’autres domaines artistiques –architecture, cinéma, danse, littérature, peinture, théâtre…–, mais la substance magique spécifique à la musique m’impressionne énormément. C’est peut-être parce que j’ai passé quatre ans de ma vie au conservatoire à fréquenter des élèves brillants, doués, qui nageaient joyeusement dans les septièmes augmentées, qui inversaient encore les neuvièmes juste pour le plaisir de les inverser, quand mon crawl, que dis-je, ma brasse, et même, plus juste encore, ma nage du chien me maintenait dans les limites d’une tierce simple en do majeur !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 525

  1. Jacques Richer dit :

    Un petit livre « Apprendre la musique — nouvelles des neurosciences », de Isabelle Peretz, vient de paraître en 2018 (Éditions Odile Jacob). Il me semble que c’est un livre qui pourrait t’intéresser.

    Il y a une photo, une seule, dans le livre, page 42. Or elle est très intéressante (même s’il aurait mieux valu qu’il y en ait plusieurs pour mieux nous convaincre): elle illustre la différence entre les cerveaux des pianistes et ceux des violonistes (avec commentaire comparatif sur ceux des non-musiciens). On doit comprendre que la photo est bien représentative de ces différences. C’est assez impressionnant. J’aurais aimé que son propos soit appuyé par une page pleine de photos, de musiciens (pianistes et violonistes) et de non-musiciens.

    C’est un livre petit format, court (environ 150 pages), qu’on peut livre très vite. Il fait un survol un peu trop rapide à mon goût de la question. J’avais jadis entrepris de lire un autre livre de ce type, beaucoup plus ambitieux (Musicophilia, de Oliver Sacks); je l’ai abandonné un peu rapidement; je le trouvait platte. Je m’y replongerai peut-être un jour. O. Sacks ne faisait au départ que raconter de longues histoires de cas un peu ennuyantes; j’avais de la difficulté à y trouver un quelconque intérêt. Je devrais lui accorder une seconde chance; les chapitres suivants semblent plus intéressants.

    Pour ce qui est du livre de I. Peretz, je l’ai trouvé un peu trop court. J’aurais aimé un peu plus de substance scientifique. On dirait que chaque chapitre n’est qu’un résumé, une conclusion. Mais il se lit vite, et ça c’est bien.

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