Jour 544

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Françoise Giroud, je ne sais pas en quelle année. Elle n’a pas les couettes en l’air comme les a Benoîte sur la page couverture de son livre L’évasion (Jour 547).

Outre qu’elle ressemble un peu, je trouve, à Benoîte au même âge, il y a quelque chose qui mérite d’être signalé, par rapport à Françoise Giroud. Au lendemain de sa chute la tête la première dans l’escalier de l’Opéra-Comique, alors qu’elle a 86 ans (j’ai écrit 87 ans par erreur dans mon texte du Jour 547), elle travaille tout l’après-midi à un projet d’écriture, avant d’être hospitalisée le soir. Elle avait la réputation, il est vrai, d’être dure, coriace, rigide, pas trop sympathique. Elle est dans le coma à son arrivée à l’hôpital et mourra trois jours plus tard, sans reprendre connaissance. Je me demande dans quel état elle était pendant qu’elle travaillait cet après-midi-là. Nauséeuse ? Mal en point dès le début mais taisant ses malaises pour pouvoir se consacrer à son projet ? Était-elle à ce point passionnée par l’écriture qu’elle en oubliait les signaux de son corps ? Ou alors était-elle esclave de son intransigeance ? A-t-elle commencé à se sentir mal au fur et à mesure que l’après-midi avançait ? Travaillait-elle à la maison ou avait-t-elle passé la journée en mouvement, se rendant, maquillée, bien habillée, à un bureau, une agence, une bibliothèque ? Son projet d’écriture en cours étant une série d’entretiens avec Albina du Boisrouvray, selon les sources que j’ai consultées, s’était-elle déplacée chez Albina ? Avait-elle mal à la tête ? Comment peut-on écrire quand on a mal à la tête ?

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Albina du Boisrouvray, encore une fois sans repère de date.

Aujourd’hui âgée de 77 ans, Albina est de sang noble. Son père, un comte, était le cousin du prince Rainier III de Monaco. Elle appartient à la très haute société. Une partie de la fortune familiale provient de l’exploitation de mines d’étain en Bolivie. Elle avait un fils pilote d’hélicoptère (beau comme un cœur d’après la seule photo que j’ai trouvée de lui). À l’occasion d’un périple Paris-Dakar, événement réservé aux gens qui en ont les moyens, le fils perdit la maîtrise de l’appareil lors d’une tempête de sable et s’écrasa dans le désert. Étaient à bord cinq ou six personnes, dont deux personnalités connues, le chanteur Daniel Balavoine et le pilote automobile Thierry Sabine. J’habitais en France à cette époque et je me rappelle de la consternation du milieu artistique –à la radio et dans les journaux probablement puisque je n’avais pas de télévision–, à l’annonce de cette tragédie.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Jour 544

  1. sympa le blog j apprecie le post, bien ecrit et
    instructif

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