Jour 548

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Épaule de porc mais pas celui façon asiatique.

J’ai beaucoup cuisiné, presque trop, j’ai apporté de la nourriture à Emma et à moins d’inviter une tablée de dix il risque d’y avoir des pertes. Je pense à deux recettes qui ont donné des quantités gargantuesques, un filet de porc farci à l’agneau, et du poulet au citron, carvi et yaourt.
J’ai beaucoup cuisiné, et cuisiné en double. Voici dans quelles circonstances.
De retour d’un week-end dans le bois, un dimanche soir, Denauzier et moi avons mis dans la mijoteuse les ingrédients qui étaient requis pour une recette d’épaule de porc façon asiatique. Le lendemain lundi, nous recevions les amis voisins, nous serions six pour souper. La recette allait cuire toute la nuit, prendre de la saveur dans la mijoteuse dans la journée de lundi, et se laisser manger le soir. Cependant, j’étais fatiguée, je n’avais pas la tête à la cuisine, je voulais aller m’écraser sur le canapé, et de même mon mari. J’ai saupoudré la viande pas mal généreusement, et distraitement, d’épices diverses, me basant sur notre appréciation habituelle à l’effet que ça ne goûte jamais rien.
Au terme de sa nuit, Denauzier s’est levé à son heure habituelle, 5 heures du matin, il a goûté la patente et presque recraché du feu.
– Chérie, il faut soit recommencer, m’a-t-il annoncé quand je me suis levée, soit tenter d’améliorer mais ce ne sera pas facile, soit cuisiner autre chose.
– Nous allons refaire la même recette, ai-je décidé, en respectant cette fois les proportions.
C’est ce que nous avons fait. Je suis allée acheter les ingrédients, nous avons redémarré la mijoteuse, et la mixture est restée à cuire jusqu’à la fin de l’après-midi, une petite heure avant l’arrivée des invités.
Ça ne goûtait rien.
Alors, j’y suis allée à la sauve-qui-peut. J’ai ajouté un élément sucré, ce fut de la gelée de pommes, trois grosses cuillerées. Et un élément acide, vinaigré, pour contrebalancer le gras, ce fut du vin blanc.
– Mets de l’eau, m’a dit Denauzier alors qu’il passait dans la cuisine.
– Ça manque de sel, m’a dit ma belle-sœur qui était venue nous visiter un petit quinze minutes. Et j’ajouterais de l’eau, a-t-elle suggéré, même si je venais d’en mettre.
– On va mettre du vin, à la place de l’eau, a décrété mon mari.
– Et encore un peu de gelée, ai-je pensé, pour atténuer l’effet vinaigré.
Quand les amis sont arrivés, je les ai encouragés à manger beaucoup de potage aux carottes et à la courge, je savais qu’il était bon.
Mais d’abord j’ai ouvert un sac de chips, de format familial, de chips aromatisés de la marque Miss Vickies. Nous étions tellement affamés que nous sommes restés debout, en cercle, à piger dans le bol que nous faisions circuler entre nous, et au bout de cinq minutes il n’en est plus resté.
– Ça regarde mal, me suis-je dit en moi-même.
C’est bien pour dire. Quand ce fut au tour de l’épaule de porc de se trouver dans les assiettes, les amis ont attaqué leur part avec entrain, s’exclamant que c’était un délice. Je n’en suis pas revenue.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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