Jour 547

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Pendant mon jeûne d’écriture, je suis arrivée un après-midi chez tantine et j’ai découvert sur la table de son salon l’autobiographie de Benoîte Groult, qu’elle a écrite à quatre-vingts ans, Mon évasion. Le livre m’a fait un clin d’œil.
– Je peux te l’emprunter ?, ai-je demandé à tantine avant même de lui dire bonjour.
Je l’ai lu presque d’une traite. Deux traites. L’une au chalet, l’autre à la maison.
J’ai probablement lu Ainsi soit-elle, du temps de mes études à l’Université Laval. C’était à la mode de lire les textes féministes à cette époque, au milieu des années 80. Compte tenu de la popularité de Benoîte cependant (Ainsi soit-elle s’est vendu à un million d’exemplaires en 1975), de sa capacité d’être près des gens, en d’autres mots d’être « facile à comprendre », elle n’était peut-être pas considérée comme une maître à penser par nos professeurs universitaires qui étaient plus friands, je pense, d’auteurs intellectuels tels Nathalie Sarraute ou Samuel Beckett, au nombre de ses contemporains. Je ne sais pas pourquoi j’écris ça, d’autant que je n’ai pas lu Tropismes ni le théâtre de l’absurde –sauf La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco ! Peut-être que j’écris ça parce que j’ai lu dans l’autobiographie de Benoîte qu’elle a envoyé un exemplaire de son essai Ainsi soit-elle à Simone, espérant des commentaires en retour, or Simone n’a pas daigné lui répondre. Cela m’a déçue.
Je me suis rendu compte tout récemment que je confondais Benoîte Groult et Françoise Giroud. Groult, Giroud, ça se ressemble un peu. C’est-à-dire que je confondais la mort de Benoîte avec celle de Françoise. Benoîte est morte dans son sommeil, paisiblement, à 96 ans. Françoise est morte le lendemain d’une chute qu’elle a faite, la tête la première, dans les escaliers de l’Opéra-Comique alors qu’elle avait 87 ans.
Benoîte a été quelque cinquante ans la compagne de Paul Guimard, jusqu’à la mort de ce dernier. Paul Guimard est l’auteur des Choses de la vie, un roman que j’ai lu il y a longtemps mais dont je ne me rappelle presque rien, sinon que le personnage principal meurt au volant de sa voiture. Françoise a été moins chanceuse en amour, au point d’avoir fait une tentative de suicide.
À propos des choses, comme dans le titre Les choses de la vie : j’ai profité de mon jeûne pour relire La force des choses, de Simone de Beauvoir (celle qui n’a pas daigné répondre à Benoîte). Comment ça se fait que je ne me rappelle de rien dans ce livre ? J’y ai fait référence en septembre 2016 sur mon blogue, Jour 1­014. Ça ne fait quand même pas dix ans ! Est-ce que j’y ai fait référence sans l’avoir lu ?
Ça devient inquiétant. Oscarine m’a prêté le roman Mayonnaise, d’Éric Plamondon. La dernière fois que je suis allée à Montréal rencontrer mon amie, je ne lui ai pas remis le livre, pensant que je ne l’avais pas lu, or je venais de terminer de le lire ! J’en ai été quitte pour le lire deux fois.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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