Jour 554

08-04-05_12-39_STM_Cartier_OPUS_Machines_Distributrices

Machine distributrice pour recharger la carte OPUS.

Ce midi je rencontrais mes collègues de l’Université dans un restaurant coréen du quartier de Côte-des-Neiges. Je suis arrivée en avance, alors, me suis-je dit, je vais en profiter pour charger ma carte OPUS à partir de la machine à cet effet, plutôt que de m’adresser au contrôleur derrière le guichet. Je voulais me familiariser, en effet, avec la technologie et la machinerie. Le principe est très simple : on met sa carte OPUS dans un réceptacle qui est très visible. Ensuite, on demande le nombre de billets qu’on veut, ou encore on choisit une formule mensuelle, hebdomadaire ou même journalière. Une fois qu’on a fait son choix, on arrive à l’étape du paiement. On peut payer comptant, ou avec une carte de débit ou de crédit.
– Je vais y aller pour ma carte de crédit, me suis-je dit en ayant l’impression que ce serait plus facile, je ne sais pas pourquoi.
J’ai donc appuyé sur le bouton Carte de débit/crédit. Or, rendue là, je n’ai plus su quoi faire. Bien entendu, à ce moment précis, deux personnes sont venues se placer derrière moi pour acheter elles aussi des titres de transport.
– Il faut bien mettre la carte de crédit quelque part, me suis-je dit en sentant qu’un léger stress commençait à se manifester dans mon corps.
Je tenais ma carte de ma main droite et je cherchais où est-ce qu’il fallait l’insérer. Je ne voyais aucun lecteur à cette fin –pourtant il me faisait signe en clignotant en rouge. Je ne voyais plus rien, en fait. Je me suis sentie comme lorsque, dans mon illustre carrière universitaire, je me rendais compte que j’avais fait une erreur. Le sentiment d’avoir fait une erreur épouvantable qui allait compromettre le fonctionnement de l’Université entière est venu me visiter quelques secondes. Heureusement, je me suis dit que ce n’était pas la peine que je me fasse du mal et que je me casse la tête autant.
– Si seulement Emma était avec moi, ai-je ensuite pensé.
Il m’est alors venu à l’esprit que les jeunes gens derrière moi pouvaient fort bien remplacer Emma. J’ai donc déposé ma carte de crédit sur le compartiment réservé aux billets de banque. C’est à cet endroit qu’on place nos billets, à plat, quand on veut payer comptant, et ils sont ensuite avalés par la machine. Le compartiment est deux fois plus large que la carte de crédit. N’importe qui, moi y compris, comprend au premier coup d’œil que cet espace n’est pas destiné à recevoir une carte. Mais je l’y ai quand même déposée, en attente d’une réaction, derrière moi, qui allait solutionner mon problème.
– Si je puis me permettre, madame, a commencé un des jeunes hommes, votre carte ne va pas là, il faut l’insérer dans la fente, en haut à droite, là, voyez-vous ?
Cet homme est bien poli, me suis-je dit, et j’ai reconnu dès le deuxième mot son accent français.
– Ah ! C’est là qu’il faut mettre la carte !, me suis-je exclamée. Merci ! C’est tellement plus agréable le travail d’équipe, vous ne trouvez pas ?, leur ai-je dit en leur adressant mon plus beau sourire.
Ils n’ont, bien entendu, pas su quoi répondre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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