Jour 556

Mia

Mia le 8 octobre 2018. Elle a dix ans.

Hier soir au souper, Emma a posé la question la plus exquise à son cousin L. J’avais organisé une petite réunion Longpré pour souligner l’Action-de-Grâces. Nous étions quatre autour de la table ronde de la salle à manger, à savoir ma fille et moi, et mon oncle L.-P. et son fils L. Moi c’est L.L., c’est mélangeant parce que mon cousin c’est aussi L.L., pendant qu’Emma se démarque plus nettement avec son E.R.
Nous n’avons pas mangé de dinde mais de la truite pochée dont moi seule détiens le secret. On fait frémir un pouce d’eau dans laquelle on a pris soin de déposer des quartiers de citron. Quand l’eau frémit, on y met les pavés de poisson et on les laisse cuire quelques minutes en les tournant à mi-cuisson. Le résultat est gastronomique, mais quand je décris ma technique simplissime, personne ne se laisse convaincre. En tout cas, toutes les assiettes se sont vidées. Il y avait aussi des avocats en vinaigrette, de la purée de courge au beurre, une julienne de poivrons et d’oignons cuits au four. Mon oncle est menu, peut-être encore plus que papa, or il a toujours eu un bon appétit. Il a mangé au moins six moitiés d’œufs en plus du reste. Le reste non énuméré du repas consistait en des œufs mimosa, justement, du fromage bleu et du fromage de chèvre avec baguette fraîche, et en des pâtisseries italiennes provenant du quartier Jean-Talon, apportées la veille par un ami d’Emma, car la veille du souper de l’Action-de-Grâces, format intime, il s’est déroulé ici un premier souper qui réunissait les huit amis de ma fille. J’étais la seule de ma catégorie « âge avancé ».
Avant d’arriver à la question exquise que ma fille a soumise à son cousin, je dois préciser ceci : mon cousin a mis dans la tête de ma fille, il y a maintenant dix ans, de se procurer un chat. Il en cherchait un lui-même, et ses recherches dans les petites annonces l’ont amené à nous demander, à Emma et à moi, d’aller chercher un chat à Brossard, c’était par une soirée d’hiver de presque tempête. Mon cousin, à l’époque, n’avait pas de permis de conduire. En quittant la maison, il était question d’aller chercher un chaton seulement pour cousin L., or nous étions revenus avec deux chatons femelles d’une même portée. Notre chatonne est devenue adulte et accompagne encore Emma, elle s’appelle Mia. Cousin a eu moins de chance avec ses chats et ses chattes qui ont probablement traversé la rue plus souvent que notre Mia qui se tient dans la verdure de notre cour arrière. Mais le chaton ramené de Brossard l’accompagne encore, il s’est d’abord appelé Spoutnik, avant de devenir Scaramouche. Il réagit mieux, semble-t-il, quand on l’appelle simplement Bébé.
– J’ai une question !, s’est exclamée Emma alors que nous entamions nos filets de truite. As-tu l’impression, L., que notre Mia retrouve sur ta personne, sur tes habits, sur tes cheveux, et ce dix ans plus tard, l’odeur de sa sœur ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée, publiée dans 2 200 textes en 10 ans, est marquée , , , , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s