Jour 579

C’est sûr que dans la perspective d’une extinction de la race humaine dont les prémices sont déjà sensibles il me semble, les promesses électorales sont un peu risibles, les chicanes, les prises de bec, les accusations puériles. J’imagine parfois des scénarios catastrophes, des tsunamis, des tremblements de terre, des explosions de toutes sortes, et pendant qu’ils sont projetés dans les airs, dans un tonnerre de décibels, les humains continuent de se chicaner et de se dire des bêtises en se pointant du doigt !
Pendant ce temps, autour de la maison, nous avons aménagé un bel espace avec les ligulaires dont il a été question dans ces textes illustres. Depuis le jour même du mariage, elles sont entourées d’un projet de gazon, dans la mesure où les graines que Denauzier a semées ont bien profité des pluies récentes pour se transformer en petites pousses vertes. On travaillait sur ce bel aménagement, mon mari et moi, afin d’embellir la maison pour les invités au mariage, frères et sœur de la mariée qui ont séjourné chez nous pendant près d’une semaine. Une personne, dans le groupe, a exprimé à un moment donné que le terrain était plus beau qu’avant. Ce fut ma récompense.
Je retombe aujourd’hui dans ma routine. Déplacement à Joliette le mercredi pour nourrir papa le soir, déplacement chez tantine le jeudi pour faire ses courses, déplacement le vendredi pour passer les week-ends au chalet. À travers ça, visites régulières de mes plantes qui sont toutes installées dehors le long des fenêtres. Avec la température qu’on a, elles vont peut-être rester là encore un bon mois. Je ne les arrose pas, l’humidité ambiante fait même moisir la terre de certaines d’entre elles. Tâches ménagères, cuisine assez frugale, qui ne le fut pas du tout cette dernière semaine, rencontres avec les amis d’ici. Justement, ce soir, nous soupons chez nos amis. Ce ne sera pas frugal.
C’est un cercle vicieux, finalement : plus nous avons d’occasions de manger en société, plus nous nous éloignons de la frugalité, et plus nous nous éloignons de la frugalité, plus je resserre les conditions de la frugalité à notre retour dans la routine.
J’ai encore un peu mal aux pieds, pendant que la jeune fille de Denauzier a repris son travail avec énergie, en sautillant presque à chaque pas qu’elle fait pour accueillir ses clients. Ce n’est pas grave du tout, la différence entre vieillesse et jeunesse, en autant que mes plantes poussent.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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