Jour 590

Bleu_imagePanoramique647_286Quel drôle de rêve. J’initie ma sœur à mon ancien environnement professionnel. Elle vient d’y obtenir un poste supérieur au mien dans la hiérarchie organisationnelle. Je suis donc en quelque sorte sa subalterne. Je la présente aux collègues et je lui explique des choses pratiques –le fonctionnement de la cafetière dans la salle commune, par exemple. Je lui montre l’emplacement inhabituel de l’interrupteur dans la toilette des femmes, j’attire son attention sur la première marche de tel escalier qui est trop haute et sur laquelle tout le monde s’accroche les pieds.
Le poste qu’elle a obtenu étant relativement prestigieux, elle est la seule de notre service à se rendre à un congrès international.
Pendant que je l’escorte pour cette visite, je lui explique qu’il faut cesser de fuir les difficultés et qu’il est préférable de se conformer au moule du milieu du travail, parce que la vie fonctionne comme ça : pour la gagner, il faut travailler. Je ne suis pas convaincue que ce soit une approche intéressante, cette notion de « gagner » sa vie, mais je coupe au plus court avec Bibi car l’essentiel est de l’encourager à avoir confiance. Je fais donc comme si j’adhérais au concept travail=argent. Et je ne prends surtout pas la peine de lui demander si elle y adhère aussi !
Puis je laisse Bibi au coin d’une rue, elle est prête à entreprendre sa vie professionnelle et se rend, une fois la rue traversée, entamer sa première journée de travail. Je reste debout un peu en retrait sur le trottoir, espérant qu’elle se tourne pour me saluer une dernière fois. Elle se tourne, mais je ne suis pas certaine qu’elle voie ma main lui faire un dernier signe, et cela me chagrine.
Je suis ensuite assise à une table, en train de préparer une pochette qui contient les documents qu’on destine aux participants du congrès international. Comme je termine de la remplir, je lève les yeux, et qui vois-je ? Ma sœur qui arrive, juste au moment où je pensais à elle pour lui remettre la pochette. Elle porte une tenue qui m’a déjà appartenu, une longue robe fuseau en coton fendue sur le côté jusqu’au-dessus du genou, et une veste de même tissu, d’un bleu magnifique. Malheureusement, hormis la couleur, la robe et sa veste sont d’un intérêt plus que nul sur le plan de la coupe. Je n’ose pas croire aujourd’hui que j’ai porté ça autrefois. Le bleu intense de ce vêtement se marie agréablement, cependant, au brun naturel des cheveux de Bibi dont la coupe encadre très bien le visage. Autrement dit, quand on ne s’attarde pas à la coupe maladroite du vêtement, Bibi est pas mal belle, et respire la jeunesse de son début de trentaine.
Elle s’approche et me donne alors une cassette de type VHS, une vieille affaire, sur laquelle papa aurait enregistré ses dernières volontés, y précisant de quelle manière il désire que l’on souligne son départ de la vie sur terre. Cela m’étonne, sachant papa incapable, maintenant, d’expliquer un événement de façon soutenue. Je prends la cassette qu’elle me tend en me disant qu’elle doit avoir été enregistrée il y a un bon moment.
Je suis ensuite à l’université, mais pas dans mon environnement de travail. Je fouine du côté de la haute direction, dans les environs de la tour du pavillon principal. J’y croise une femme journaliste à TVA dans la vie réelle. Nous nous connaissons, ayant été plusieurs années voisines à Montréal. Je désire la suivre, davantage pour le plaisir que par curiosité, alors mine de rien j’emprunte des escaliers et des corridors qui me font la croiser deux fois sur son parcours. Quand nous en arrivons à notre troisième rencontre, je lui dis, parce qu’il faut bien dire quelque chose, que la couleur de l’orchidée immense, qui orne le corridor –dans lequel sont visibles de multiples dorures–, est du plus beau bleu. Elle acquiesce, sans s’arrêter de marcher car quand on travaille on est pas mal pressé.
Deux éléments de ce rêve empreint d’une atmosphère paisible et sereine retiennent mon attention : la présence du bleu, bleu de la robe et bleu de l’orchidée géante. Deux bleus différents, celui de la robe est un bleu presque royal, celui de l’orchidée est très semblable à celui de la photo ci-dessus. Et la notion de dernier au revoir, l’au revoir que je fais à Bibi quand elle se rend travailler, et la cassette enregistrée par papa quant à son ultime au revoir.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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