Jour 595

Encore les tenues. Il y a quelques jours, ma voisine est arrivée avec un sac rempli des plus beaux vêtements. Ils ne lui vont plus. Elle me les donne. Selon la technique du « passez au suivant », les vêtements lui ont été donnés initialement par son amie française. Pour cette raison, leur origine européenne, ils sont dotés de toutes sortes de fantaisies, des broches, des licous, des rubans, des volants, du bouffant… tout le contraire des tenues sport que je mets presque en tout temps depuis que je vis à la campagne.
J’ai porté le maillot de bain découvert au fond du sac lors de ma baignade hier chez les amis. C’est une forme de baignade particulière. On descend le terrain escarpé de leur propriété en essayant de ne pas glisser sur les aiguilles de pin. Or j’ai glissé, alors pour m’empêcher de me blesser j’ai crié très fort. Ç’a marché, je n’ai fait que glisser, sans me blesser. Arrivés au bord du lac, on monte sur un pédalo difficile d’accès car, pour une question d’espace restreint à cet endroit, au lieu d’être attaché au quai de manière parallèle, le pédalo est attaché de manière perpendiculaire. Si c’était parallèle, on aurait tout de suite accès à une place assise. Puisque c’est perpendiculaire, c’est le nez du pédalo qui s’offre à nous. Il faut soulever la jambe au-dessus des pédales sans trop disposer d’un appui, et une fois cela fait, on se tourne, faisant dos au siège, pour s’asseoir à l’aveugle. Une fois assis, on s’exclame Yes !
– En route s’a croûte, ajoute l’ami qui a l’habitude d’effectuer cette séquence d’embarquement.
On pédale jusqu’au milieu du plan d’eau. Autour du plan d’eau, ce ne sont qu’algues et viscosités. Mais rendus au milieu, on nage très agréablement, une fois qu’on s’est décidé à sauter dans l’eau, car on ne peut pas se saucer progressivement à partir d’un pédalo.
– Tu portes un beau maillot, m’a dit l’ami pendant que nous pédalions.
– Merci, c’est ta femme qui me l’a donné !, ai-je répliqué.
La fantaisie du maillot, noir bien entendu, est d’être couvert d’une deuxième peau faite d’organdi savamment plissé, qui crée l’effet d’une taille de guêpe, pendant qu’une broche imitant quelque pierre naturelle sépare les bonnets.
Une fois saucés, nous nageons une bonne heure, autour du pédalo pour l’homme du couple et moi-même, beaucoup plus loin pour la femme du couple qui est très à l’aise dans l’eau. Au terme de cet exploit sportif en ce qui me concerne, nous regagnons la terre ferme, une fois réussie la difficile étape de remonter dans le pédalo.
– Attention !, m’a avertie l’amie, c’est facile de se faire des bleus !
– J’imagine, ai-je répondu en ayant déjà commencé à me tortiller pour y arriver.
Nous avons ensuite savouré des baguels au saumon fumé accompagnés de grands verres de sangria, de grands verres comme si nous buvions de la limonade. À quinze heures j’étais de retour à la maison, au terme d’une visite –savoureuse sous tous les plans– de quatre heures chez les amis.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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