Jour 596

Je me réveille agréablement surprise, il n’est que 8:40. Je me fais cadeau d’une minute ou deux de rêverie à l’horizontale, de bonheur total à ne pas bouger, à ne rien faire, puis je me lève. Je porte des sous-vêtements Jockey, camisole de coton blanc et sa culotte assortie achetés il y a mille ans au magasin Eaton.
– Tu devrais t’amener des vêtements, me dit une petite voix avant que je quitte la chambre et que je descende l’escalier.
– Ça ne me tente pas, dis-je à la petite voix, et je descends les mains vides.
Je me dirige vers la cafetière sitôt en bas et je flâne un peu dans la maison, ma tasse de café à la main. Je vérifie qu’il reste de l’eau sucrée dans la mangeoire des colibris. Je vérifie du bout du doigt que la terre de mon hoya est encore un peu humide. Je suis sur le point d’entrer dans mon bureau, en me demandant qu’est-ce que je vais bien écrire aujourd’hui, lorsque, ding dong, ça sonne à la porte.
– Je te l’avais bien dit, me nargue ma petite voix. Tu n’as rien à te mettre sur le dos pour aller répondre, insiste-t-elle, judéo-chrétienne.
– Bof, lui réponds-je avec insouciance, en cherchant du regard des vêtements que je pourrais enfiler en vitesse.
Une blouse paysanne traîne sur le canapé, elle traîne là depuis quelques jours en tant que premier élément d’une pile encore inexistante de vêtements que je veux donner, ça déborde dans mon walk-in. Je l’enfile en vitesse. Pour le bas c’est moins facile, je ne trouve pas de pantalons, courts ou longs. J’accroche en passant une serviette qui pend sur les poignées de l’appareil exerciseur, c’est notre séchoir improvisé. Nous avons déposé là hier nos serviettes et maillots de bain, de retour de notre baignade chez nos amis voisins. Je me rends répondre à notre ami vêtue de ma blouse paysanne et d’une serviette enroulée autour de la taille. L’ami, qui commençait à se demander si quelqu’un allait venir lui ouvrir, préfère, me voyant, ne pas poser de question. Il m’explique qu’il vient porter un moteur électrique à la demande de mon mari. Il dépose le moteur dans le garage et nous nous séparons sur les mots d’usage, en nous souhaitant une bonne journée.
– Tu pourrais profiter d’être juste au bas de l’escalier, me dit la petite voix initiale, comme je reviens en direction de mon bureau, pour monter te chercher des vêtements.
– Ce n’est pas le bon moment, lui rétorqué-je, je dois d’abord trouver le filon de mon texte d’aujourd’hui.
Je m’installe à mon bureau lorsqu’un moteur se met à gronder de plus en plus proche, c’est mon mari qui revient d’avoir fait une course en moto. Le filon sera celui de ma tenue, encore et toujours les tenues, décidé-je avant que mon mari entre dans la maison. Mais d’abord, me demandé-je, est-ce bien une camisole que je porte ? Je me rends sur le site de La Baie d’Hudson et je découvre que ce que j’appelle « camisole » s’appelle moins familièrement « débardeur classique ». J’aurai appris cela aujourd’hui.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s