Jour 603

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Deux perdrix grises.

Hier il a plu une bonne partie de la journée. Ce n’est qu’à la mi-journée que je me suis rendue chez mon amie pour notre promenade quotidienne. Nous n’avons pas, ensuite, laissé dériver nos kayaks dans la baie à la recherche des grosses roches et des troncs d’arbres dans le fond de l’eau. Il était trop tard, mon amie soupant relativement tôt, et peut-être souffrait-elle aussi de son épaule.
Pendant notre promenade, nous n’avons pas rencontré de biches, d’ours, de loups et de louveteaux. Nous avons cependant pu observer d’assez près une grosse perdrix dont on entendait les bébés brourir –c’est le nom qu’on donne au cri de la perdrix– dans les buissons. Mon amie me dit que sur le terrain de sa propriété, une perdrix a donné naissance à dix bébés qui se déplacent à la queue leu leu.
Nous marchons sur un chemin couvert de sable qui mène, justement, au pit de sable. Moi, pour faire différent, fraîche-pet sur les bords, je dis la sablière. Quand on arrive au bout de ce chemin qui est un cul-de-sac, on accède à des framboisiers sauvages. À chaque fois, nous oublions mon amie et moi d’apporter un contenant pour en cueillir. Nous nous rabattons sur une consommation immédiate, j’en arrive même à lui parler la bouche pleine.
À mon retour au chalet, mon mari parlait avec la voisine.
– Avez-vous entendu la meute de loups la nuit dernière ?, m’a-t-elle aussitôt demandé alors que je me joignais à eux.
– Non, ai-je répondu. C’est dommage, j’aurais bien aimé.
– Étiez-vous seule ?, a-t-elle enchaîné. Pierre et moi avons remarqué que le camion de votre mari n’était pas autour du chalet mais les portes du chalet, elles, sont restées tout le temps ouvertes.
– J’étais seule, en effet, ai-je confirmé, ces deux derniers jours.
La dame a semblé penser, et je dis bien semblé car dans la vie tout est subjectif, que j’étais brave.
Quelque trente minutes plus tard nous étions, Denauzier et moi, sur le ponton, sur le lac, une glacière nous tenant compagnie dans laquelle nous attendaient des côtelettes de porc marinées qui allaient se faire brûler la couenne sur notre barbecue. Nous nous sommes laissé dériver, sans bruit de moteur, heureux comme des pauvres d’esprit pendant je dirais deux heures. Au retour sur la terre ferme nous avons fait un feu. Un lièvre est venu vérifier que nous étions assis tranquilles autour du feu et nous trouvant tel qu’il le pensait il est reparti sans se presser.
Vers 22 heures nous étions au lit et c’est à ce moment que la pluie a repris, une pluie forte qui s’est transformée en orage. Un coup de tonnerre a fait vibrer le chalet vraiment fort et j’ai eu tellement peur que j’ai sursauté d’un pied.
– La foudre a frappé très près, a simplement constaté mon mari sans le moindre sursaut.
Je ne dirai pas à ma voisine, qui semble me trouver brave, que j’ai sursauté d’un pied. Ni que j’ai peur des souris.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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