Jour 623

Je trouve que je suis quand même assez souple. Je ne l’étais pas quand j’étais plus jeune. J’étais hyper non souple quand j’étais plus jeune. Je donne un exemple de ce que j’entends par être souple. Un exemple basé sur un événement qui a eu lieu il y a à peine quelques heures, en fin d’après-midi.
– Chérie, je compte partir dans cinq minutes, est-ce que tu seras prête ?
– Je le suis déjà, ai-je répondu, quittant mon ordinateur et me dirigeant vers mon mari.
– Tu ne viendras pas habillée comme ça ?, s’est-il étonné.
– Bien quoi ? On s’en va voir ta mère, c’est ça ?
– Oui, mais tu ne peux pas venir en sandales.
– Quand même ! C’est l’été ! Tu trouves qu’il fait trop humide et que je risque d’avoir froid ?
– Chérie, a précisé mon mari, nous n’y allons pas en auto, nous y allons en moto.
– Ce n’est pas ce que tu m’as dit tout à l’heure ! Tu as dit qu’il pleuvait et qu’on ne pourrait pas aller voir ta mère en moto !
– Il ne pleuvra pas et il faudrait que tu mettes tes bottes !, fut sa réponse.
Je me suis éclatée de rire car il fallait voir le visage de mon mari et entendre son ton lorsqu’il a annoncé qu’il ne pleuvrait pas.
– Ah bon ? Je dois mettre l’habit de moto à ce moment-là ? Et les bottes et le casque et les gants ?
– C’est en plein ça !, a-t-il répliqué en me tournant le dos pour aller sortir la moto du garage.
J’ai fait tout ça, enlever mes sandales, sortir mes bottes, ma veste, trouver mon casque dans le fatras du garage, mes gants dans le même fatras, et je suis sortie le rejoindre à peine quelques secondes après le démarrage du moteur.
– Quand même, chéri, je suis souple, tu ne trouves pas ?
– Très souple, a-t-il répondu.
– Tu me dis de me préparer et je me prépare, en peu de temps je suis prête, comme un scout, même si je n’ai jamais fait partie d’un groupe scout.
– Merci chérie !, fut la réponse du mari.
– Je suis prête, ai-je répété en m’installant sur la moto derrière lui.
– Non seulement je suis prête, ai-je ajouté sur ma lancée, mais en plus il n’y a pas un mot s’a game.
Je me suis rendu compte que j’énonçais là une expression de mon papa, une expression qui fait partie de mon univers mental et lexical depuis toujours, et que j’utilisais peut-être pour la première fois ? Une expression qui veut dire qu’on ne critique pas, on obéit sans rechigner.
Pas un mot sur la game, à l’écrit, qui devient pas un mot s’a game, à l’oral.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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