Jour 626

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Quatrième fond : Je vois un oiseau aux ailes ouvertes ou un poisson aux nageoires en mouvement.

Finalement, on apprend dans la dernière partie du roman Les repentirs qu’Arielle meurt d’une thrombophlébite dans son sommeil. D’après mes calculs, elle serait morte à trente-sept ans. J’ai terminé le livre hier au salon de coiffure pendant la teinture de mes cheveux. Mon rendez-vous avait lieu en matinée et j’ai pensé à l’histoire de Marc et d’Arielle tout le restant de la journée. Je vais essayer de mettre la main sur les autres romans de Marc Séguin. Je sais d’ailleurs où aller pour essayer d’en trouver : à la St-Vincent-de-Paul, à Joliette. Le prix des livres, en presque parfait état, varie entre 50¢ et 3$. Bibi et moi y avons trouvé L’énigme du retour, de Dany Laferrière. Je reconnais là mon penchant pour l’anecdote : au lieu d’écrire ne serait-ce que brièvement mes impressions à la lecture du livre de Séguin, je dévie tout de suite vers la caverne d’Ali Baba de la rue St-Antoine où on peut aller flâner pendant des heures !
Une chose, quand même, à propos des Repentirs. Le livre s’ouvre sur une phrase d’Arielle et cette phrase revient quelques fois par la suite dans le récit, une phrase qui dit à peu près –car je n’ai pas le livre sous la main–, « …une fissure qui devient une crevasse qui devient un ravin ». J’ai interprété que cette phrase faisait référence à la distance qui peut s’installer dans un couple, car elle introduit la première scène du roman, qui est celle de leur mariage. En disant cela juste avant d’unir sa destinée à celle de Marc, Arielle exprime-t-elle sa crainte que leur amour s’effrite un jour ? Mais j’ai découvert en cours de lecture que la phrase faisait plutôt référence à un gouffre, comme une menace constante dans lequel, le gouffre, l’individu pourrait basculer. Elle, par une sorte de mal-être. Lui, par le processus de création qui le fait entrer dans des états, dit-il, « inhumains ». Et lui, de façon générale, par une force qui l’aspire et à laquelle il résiste, pas n’importe quelle force, la force du vide, du néant.
En écrivant le paragraphe qui précède, je me sens comme une jeune fille peinant sur un résumé de lecture de niveau Secondaire 5, alors je vais m’arrêter là.
La fissure, donc, car c’est d’elle dont je veux parler, s’est retrouvée dans la bouche de papa.
– C’est incroyable, me suis-je fait la réflexion, on dirait qu’il a lu le même livre que moi !
– Le plancher est très beau, a-t-il dit pendant que je le promenais dans le corridor après le souper. On n’y trouve aucune craque, aucune fissure.
– Ni crevasse, ni ravin, ai-je ajouté pour faire un clin d’œil à Marc Séguin.
– Un ravin !, a répété papa. Je reconnais là ton sens de l’exagération.
Il était en forme, hier, mon petit papa.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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