Jour 649

12Pulsar

Une belle Pulsar qui a mangé de la misère, ça veut dire que je l’ai beaucoup portée.

Nous sommes loin dans le passé, dans un passé antérieur à ma vie avec Jacques-Yvan. Je suis secrétaire à l’UQÀM et j’y fais la connaissance de Michèle. Grande, mince, les yeux noirs, elle a le squelette d’une Érythréenne. Pour une raison qui m’échappe, elle doit porter une montre, or elle n’en a pas, alors je lui propose de porter la mienne le temps d’un après-midi. Sur ses poignets minuscules la montre est ravissante. Elle attache le bracelet au dernier trou, alors que je l’attache au deuxième de l’autre extrémité ! Le bracelet sur la photo n’est pas le bracelet d’origine, cela dit en passant. La montre lui va tellement bien que je ne désire plus la récupérer. Pendant plusieurs mois mon amie philosophe –car elle a fait ses études universitaires en philosophie– aura porté ma montre et je ne me rappelle pas dans quelles circonstances elle me l’a redonnée. Je me rappelle que lorsque je l’ai remise, je la trouvais cent fois moins belle sur mes gros poignets.
Plus tard, j’ai fait la connaissance de Jacques-Yvan qui m’a offert une montre Simon Chang, et plus tard je me suis offert à moi-même une montre Simon Chang, fort différente de la première. D’où il ressort que trois montres dorment sur mon bureau, dans ma chambre, sans pile depuis des années. Si je ne me dépêche pas d’utiliser la Pulsar, je serai bientôt incapable d’y lire l’heure car le cadran en est fort petit et ma vue baisse année après année. Vouloir la porter sur une base régulière, il faudrait que je change aussi la vitre qui est sinon craquée du moins égratignée.
Je ne peux quand même pas porter deux montres, à savoir le Fitbit, que je porte en tout temps au bras gauche, et un de mes trois spécimens au bras droit, juste pour dire que j’honore les personnes qui m’ont offert les montres, et que j’honore aussi leur beauté car je les trouve belles (les montres et les personnes).
L’an dernier, la mère de Denauzier avait ainsi des montres à donner. Je dirais pas loin d’une dizaine. Elle les avait regroupées dans un petit sac qu’elle a fait circuler. Ses petites-filles en ont chacune pris une, mais je pense qu’elles ne les portent pas. J’ai pu constater qu’une femme chez laquelle je me rendais pour la première fois, il y a déjà quelque temps, avait dans son walk-in au bas mot plus de cinquante montres. Je suis contente de n’en avoir que trois, tout en trouvant que trois, et même quatre avec le Fitbit, c’est déjà trop.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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