Jour 652

09BouclesDenauzier

Cadeau de Denauzier.

Voici les boucles d’oreilles aux trois ors, cadeau de mon mari au début de notre relation. Ça peut donner à penser que je n’ai reçu des cadeaux de mon mari qu’en début de relation, mais il n’y a rien de plus faux.
Comme il faisait hier beau et chaud, je me suis installée sur la terrasse, faisant dos au soleil, pour lire La bouilloire qui siffle dans l’oreille d’un homme. C’est une histoire, vécue par Michel Tremblay mais transposée dans le corps d’un cinéaste, qui raconte l’arrivée d’un acouphène et l’ablation très délicate de la tumeur, appuyée sur le conduit auditif, qui l’a causé. Il y a donc une bonne partie du récit qui se déroule auprès du corps médical, en examens préparatoires et à l’hôpital. J’ai pu comparer l’expérience du cinéaste avec la mienne lors de ma chirurgie cardiaque. Le jour et la nuit. Les enjeux n’étaient pas les mêmes, cela dit. Au terme de sa chirurgie, le cinéaste aurait pu se réveiller avec une paralysie faciale, et la perte de l’ouïe. Au terme de ma chirurgie, il aurait pu s’avérer que ma valve mécanique « coule », auquel cas le sang de l’oreillette gauche n’aurait pas été entièrement acheminé vers le ventricule gauche, et quand cela arrive il semblerait que le sang non acheminé gicle sur les poumons. Quelle est la conséquence d’avoir du sang qui gicle sur les poumons ? J’avoue ne pas trop le savoir.
Quand il apprend qu’il doit se faire opérer, le cinéaste est dans tous ses états, il s’énerve, s’exprime, on l’imagine qui gesticule. Michel Tremblay, après tout, est un homme de théâtre ! Quand j’ai appris que je devais me faire opérer, assise et immobile, je n’ai pas aimé la manière du cardiologue de me l’annoncer. Il a dit :
– La valve est finie. Elle coule à flots. On ne va pas attendre dix ans.
– Allez-vous attendre disons trois ans en me maintenant stable par des médicaments ?, avais-je demandé stoïquement.
Je raconte ça de mémoire, ça fait quand même cinq ans maintenant.
– Des médicaments, vous allez en prendre à vie après la chirurgie, avait répondu le médecin.
– Je pose la question parce que ça ne me tente pas d’attendre trois ans, avais-je répliqué.
– Ce sera moins que ça.
– Trois mois alors ?
– Disons qu’à la fin de l’été vous devriez avoir été opérée.
J’avais hâte que ça se fasse, autrement dit, et il ne me semble pas, comme ce fut le cas du cinéaste, avoir traversé une période de déni.
Là où je veux en venir, c’est que j’aurais pu, comme Michel Tremblay, utiliser cette expérience pour écrire un roman de quelque cent cinquante pages. Pour y arriver, j’aurais pu prendre des notes au fur et à mesure des rencontres et des examens. En fait, ces notes existent car certains de mes textes relatent lesdits examens, je pense ici à l’échocardiographie transœsophagienne.
Hier soir, et c’est rare que ça m’arrive, j’ai oublié de prendre ma dose de Coumadin. Il faut dire que je n’avais pas toute ma tête, je ne me sentais pas en forme. Je ne savais pas encore, mais je l’ai découvert ce matin, que je couvais un virus qui s’exprime à travers des éternuements, un mal de gorge, un mal d’oreilles.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

2 réponses à Jour 652

  1. Jacques Richer dit :

    Allergie printanière au pollen, peut-être? Il paraît que c’est fréquent ces temps-ci. Quoi que ce soit, bon courage! Bises xxx

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s