Jour 658

03MasqueOrléans

Bijou 3. Délicate breloque en or.

Jacques-Yvan était revenu avec cette breloque d’un congrès à la Nouvelle-Orléans. Il s’y était rendu avec un collègue que je connaissais. Le collègue travaillait dans mon université, alors que Jacques-Yvan, à l’époque, travaillait dans une autre université, concurrente. Au moment du départ, le collègue m’avait dit, comme peuvent être dites ces choses automatiques non réfléchies qui sortent de nos bouches :
– Ne t’inquiète pas, Lynda, nous allons être sages.
– À votre place je ne le serais pas, j’en profiterais au maximum, avais-je rétorqué. Ce n’est quand même pas tous les jours qu’on va à la Nouvelle-Orléans !
C’est sûr qu’une visite dans ma collection de bijoux me plonge dans l’univers de mes amours anciennes. Jacques-Yvan m’offrait des bijoux délicats, discrets, en or, à l’image de sa personnalité effacée, discrète. François m’a offert de l’argent, deux bracelets aux mailles fortes, donc moins discrets, rien de plus normal car il portait en lui une flamboyance innée. Sa chevelure, une chose est sûre, était flamboyante. Fort de l’expérience qu’on acquiert avec le temps et qui s’exprime par la capacité de nuancer, Denauzier, lui, m’a offert des boucles-d’oreilles qui unissent les trois couleurs de l’or, le jaune, le rose, le blanc.
À la Nouvelle-Orléans, voilà nos deux hommes qui se retrouvent sur un bateau et se font prendre en photo. C’est à peine si on voit Jacques-Yvan caché derrière une voile, tandis que le collègue brille à l’avant-plan. Quel est le type de bijou que ce collègue a rapporté à sa compagne ? Je n’en ai aucune idée, mais j’irais sans surprise vers un bijou voyant qui brille.
iwcRome2015-1969Je n’avais pas tenu compte de la personnalité discrète de Jacques-Yvan lorsque je lui avais offert une montre pour son anniversaire. Il en portait une mécanique à remontage manuel qu’il aimait beaucoup, plate, dorée, assez grande, semblable à celle ci-contre mais carrée et non pas ronde. Une montre comme autrefois, comme autrefois celle de son père. Étant donné qu’il transpirait beaucoup et qu’il avait tendance à s’accrocher partout, les bracelets de cuir ne duraient jamais longtemps. Alors, pensant lui rendre service et lui faire plaisir, je lui avais offert une montre de sport à bracelet métallique extensible –qui n’était pas du tout son style, c’est aujourd’hui seulement que je m’en rends compte. En outre, c’était déplacer le problème du bracelet qu’il fallait changer souvent par un autre problème, encore pire, celui des poils du bras qui se coincent dans le bracelet extensible.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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