Jour 662

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Marcelle Ferron, peut-être une toile intitulée Sans titre ? Je n’ai pas fait attention au titre lors de ma visite d’hier.

Je suis une piètre commentatrice de visites muséales, sur le plan du contenu artistique. Je n’ai aucune connaissance en histoire de l’art et aucune maîtrise du vocabulaire propre au domaine de la peinture. Cela ne m’empêche pas d’adorer me perdre dans un musée. Bien entendu, il y a du Fitbit là-dedans. Je me rends jusque derrière les panneaux dans les fonds de salles pour être bien certaine que je ne rate rien, et pour optimiser mon nombre de pas. Le plus souvent, derrière les panneaux, je tombe sur des portes donnant accès à des sorties de secours. En fait, je m’y prends de la façon suivante pour découvrir une exposition : j’entre dans une salle, je la parcours rapidement, j’enfile les autres salles lorsqu’il y en a plusieurs de consacrées à un même artiste, et rendue au bout du parcours, je reviens sur mes pas, circulant alors à l’envers du monde.
Je dois reconnaître qu’il y a une mini angoisse qui justifie ma manière de déambuler à l’envers : on dirait que j’ai besoin de savoir à l’avance combien de sculptures, de croquis, de toiles, il y a à découvrir, pour mieux évaluer à quel point je peux prendre –ou perdre– mon temps devant les œuvres. On dirait que, gourmande, j’ai besoin de connaître à l’avance le niveau de satiété qui m’attend, beaucoup d’œuvres garantissant ici que je sortirai de ma visite le ventre plein. Pour Giacometti, il y avait trois salles et quelques recoins, de quoi être relativement rassasiée.
Je tourne autour d’une sculpture, je lis les informations sur les murs, je prends trois fois la photo d’un croquis, d’un dessin, d’une étude. Auparavant, je traînais un carnet dans lequel je notais des noms d’artistes et des titres d’œuvres, pour approfondir mes connaissances lorsque j’en aurais le temps. Depuis que j’ai un cellulaire, je ne traîne plus de carnet, je prends le nom de l’artiste ou le titre de l’œuvre en photo. J’écris ça comme s’il s’agissait d’un principe général, alors que mon cellulaire est resté dans l’auto, hier, et que j’ai visité l’exposition munie de mon appareil Nikon. J’avais aussi laissé mon gros manteau, dans l’auto, courant ensuite pour ne pas trop geler en direction du musée. Je désirais visiter léger –et ne pas payer le service de vestiaire.
Je demande au gardien de la salle s’il sait où se trouve telle œuvre. Dans presque tous les cas, il ne le sait pas. J’ai demandé au gardien dont l’accent il me semble était italien, où se trouvait la sculpture « Objet désagréable », de Giacometti. Il ne le savait pas, or elle était presque sous nos yeux, je m’en suis rendu compte deux secondes plus tard.
Je profite d’être seule pour visiter de la sorte, à l’envers du monde et jusque derrière les panneaux. Être avec des amis, ils seraient vite exaspérés par mes incessants mouvements, comme autant de distractions qui gênent la concentration. D’ailleurs, la première étourdie par mon parcours échevelé, j’ai failli quitter le quatrième étage, consacré à l’art contemporain, sans être passée devant la toile ci-dessus de Marcelle Ferron. Elle est apparue in extremis dans mon champ de vision.
– C’est la toile dont j’ai publié une photo dans un de mes textes, me suis-je exclamée intérieurement, satisfaite de me trouver des accointances avec les commissaires qui président au choix des œuvres des collections.
Autrement dit, le temps d’une seconde, je me suis trouvée érudite.

Je vais copier des masses.

Erreur, après vérification.
J’ai publié une photo d’une toile de Marcelle Ferron, qui apparaît ci-contre, c’était dans le texte du Jour 1 392. La toile est couverte de pans noirs impressionnants qui nous aspirent et nous donnent le vertige, comme c’est le cas pour la photo en début de texte, mais il s’agit de deux toiles différentes, peut-être créées dans une même période de création de l’artiste ?
J’ai aussi trouvé une référence à une autre toile, qui était à vendre en novembre dernier.
Comme l’aurait dit mon père, et pour qui consulte la référence ci-dessus, il faut mettre la main dans sa poche.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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