Jour 669

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Mon t-shirt préféré.

J’écoute d’une oreille distraite la couverture des Jeux en faisant mille et une choses, mais l’oreille devient moins distraite quand le sujet m’interpelle. C’est revenu plusieurs fois dans la bouche de Marie-José Turcotte : les athlètes olympiques pratiquent la visualisation. Ils se voient gagnants, ils se voient monter sur le podium. Les skieurs, par exemple, visualisent la piste qu’ils devront descendre, les courbes du trajet, l’enchaînement des portes, les zones à risque, etc. Étant donné que je vais avoir 59 ans dans 49 jours, je me suis prêtée à l’exercice : où est-ce que je visualise ma personne en 2018, dans mon dernier droit avant la soixantaine ? Qu’est-ce que je désire atteindre ? Vers quel but ai-je envie de me tendre ? Eh bien, incroyable mais vrai, rien de précis n’est venu chatouiller mes neurones en réponse. Comme si je n’avais pas d’élan pour me propulser vers un projet, comme si j’étais sur le flat. Pourtant, au moment où je me suis posé la question, comme d’ailleurs en ce moment écrivant mon texte du jour, je portais mon t-shirt préféré, mon t-shirt Motivation.
– Voyons donc, me suis-je dit. Je n’ai la motivation d’aller nulle part ? Je ne désire pas écrire, m’améliorer en peinture, accumuler des pas pour faire plaisir à mon Fitbit ? Lire tous les livres qui attendent après moi sur les tablettes de ma bibliothèque et que je ne feuillette même pas ? Je ne désire pas me trouver un emploi dans les environs pour me sortir de ma zone de confort ? Je ne désire rien, pas même devenir caissière payée au salaire minimum ? Ce n’est pourtant pas désirer la lune, l’obtention d’un emploi modeste qui m’apprendrait l’humilité ?
La seule idée qui se profile à mon esprit, sans pour autant prendre forme visuellement dans ma tête, c’est que je voudrais vivre vieille. Aussi vieille que papa, mais si possible sans la maladie de Parkinson. J’ai toujours porté en moi l’idée, ou le sentiment, ou l’intuition, que j’allais vivre vieille. C’est un privilège, la vieillesse, qui n’est pas donné à tout le monde. Or, ces derniers temps, je reviens sur un nombre important d’événements de mon passé et je n’en reviens pas à quel point je les ai interprétés de travers. À quel point je me suis trompée. À quel point j’étais convaincue d’avoir raison alors que j’avais tout faux. Dans cet ordre des choses, est-ce que, me visualisant vieille et courbée, je me serais aussi trompée ?
Si j’en avais les moyens sur le plan financier, et pour le simple plaisir de l’enrichissement que cela me procurerait, je pense que j’aimerais entreprendre à nouveau une démarche psychanalytique. C’est une visualisation utopique.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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