Jour 676

Je poursuis sur ma lancée d’hier. Quel pourrait être l’événement de ma vie que j’aimerais raconter en vue de participer au concours de Radio-Canada ? Puisqu’il s’agit de soumettre un récit, je dois me baser sur un événement survenu bel et bien dans ma vie, sur un fait vécu. Marc Séguin, qui sera un des membres du comité de lecture, mais je ne sais pas quels seront les autres membres, souhaite, a-t-il dit, être ébranlé. Si j’ai bien compris, il aimerait lire un auteur qui le déstabiliserait, l’étonnerait, l’émouvrait –je pense que c’est la première fois de ma vie que j’écris le verbe émouvoir au conditionnel présent. Les autres lecteurs du comité de lecture vont s’attendre à la même chose, de toute façon. Une chose est sûre, mon récit d’action ne me fait pas partir gagnante, d’action qui se passe en voiture quand je dois monter la grosse côte entièrement glacée. C’était dimanche dernier et tantine –qui d’autre– m’accompagnait. Si je m’intéressais dans mon récit à un phénomène de société qui a la cote en ce moment, admettons le mouvement MoiAussi, je partirais peut-être avec une longueur d’avance. Ou si je décrivais les tourments intérieurs qui m’ont habitée lors d’un événement bouleversant, je pense à mon premier mariage –parce que je suis rendue à trois–, mariage qui m’a vue prononcer Oui à un être perdu alors que je l’étais encore plus, je pourrais peut-être espérer faire des points. En dehors des récits d’action qui se multiplient sur mon blogue parce que je me cantonne souvent dans l’anecdotique, en dehors des événements qui ont créé en moi des tensions, des bouleversements, mais que je n’ai pas envie de revisiter, en dehors aussi des moments heureux, qui ont eux aussi nourri ma vie mais qu’il ne me tente pas non plus d’exploiter, je ne saurais dire pourquoi au moment où j’écris ces lignes, il me faudrait y réfléchir, en dehors enfin de mon sujet fétiche, à savoir la recherche de ma voie, que j’aborde régulièrement sur une note plus détachée celle-là, j’ose écrire philosophique, je ne vois pas vers quel épisode de ma vie je pourrais me tourner. Une autre manière d’exprimer mon dilemme : je ne vois pas quel événement pourrait servir de point de départ audit récit que je voudrais soumettre. Sarah Wallou, en tant que jeune femme moitié arabe, moitié québécoise, a exprimé son déchirement entre ses deux identités lors de l’attentat à la mosquée de Québec. Son texte m’a plu, émue peut-être pas, mais je suis coriace quand vient le temps d’être émue. Je vais être émue par un silence, par un regard, par un événement de rien du tout dans un contexte le plus souvent banal. Je n’ai pas été émue, à la lecture du texte de Sarah, mais séduite par son aisance, par sa capacité, naturelle certainement, à bien rythmer ses phrases, à enchaîner ses idées. À revenir sur certaines phrases pour introduire d’autres idées. En définitive, je dois continuer d’y penser. Qu’est-ce que j’aimerais bien raconter ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s