Jour 685

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Derrière la cravate.

Dans encore 25 textes, quand j’aurai atteint le Jour 660, j’aurai 7 ans de blogue derrière la cravate. Il m’en restera 3 devant pour atteindre les 10 ans d’écriture que je me suis fixés, à raison d’un texte par jour, du lundi au vendredi. Quand même.
– Je ne suis pas connue, je n’ai pas réussi à m’imposer en tant qu’écrivaine, j’écris sur un blogue pour une trentaine de lecteurs depuis bientôt sept ans, je patauge dans l’ombre, ai-je dit à ma quatrième amie au restaurant Bercail, regrettant toutefois, à peine a-t-il été sorti de ma bouche, le mot patauger.
– Tu as un talent caché, a reformulé mon amie avec plus de générosité.
– Les quarante ans qui nous séparent de l’école secondaire auront abouti à ça, à un blogue discret que j’alimente dans l’ombre, alors que je me voyais auteure à succès ! Le plus surprenant, ai-je ajouté, c’est que cela ne me dérange pas !
– En autant que tu écris, a résumé mon amie.
– Exact. Mais en même temps, si tu enseignais –mon amie est enseignante– juste pour dire que tu enseignes, tu ne serais pas heureuse ?
– Mais toi tu l’es, parce que tu aimes écrire, même si tu n’es pas lue ! Et je dirais qu’à chaque fois que tu entreprends un texte, tu essaies de l’écrire de ton mieux.
– Hum… Si mes statistiques d’accès m’indiquaient que personne ne vient me lire, je ne sais pas si je serais capable de continuer l’aventure…
– En autant qu’il y ait au moins un lecteur, autrement dit, a suggéré mon amie.
– On a déjà vu plus ambitieux !
– Bof !, a exprimé mon amie pour se moquer de moi car elle me lit.
– Te sens-tu inspirée quand tu écris au chalet, chérie ?, m’a demandé mon mari, ce matin lundi, alors que nous étions de retour à la maison.
Souvent le lundi matin nous sommes pressés de retomber dans nos routines respectives, après avoir passé le week-end au lac Miroir, mais ce matin nous avons bavardé un peu en étirant notre café.
– C’est comme quand j’écris ici, ou comme partout quand nous voyageons. Ce que je peux dire du texte écrit ce week-end au chalet, c’est qu’il ne m’a pas fait beaucoup d’effet. J’aime me sentir à la recherche de quelque chose en moi-même. J’aime avoir le sentiment que je cerne les contours d’un aspect caché de ma personne, quand j’écris. Or le texte de samedi dernier était le récit somme toute superficiel d’un rêve qui ne m’a pas appris grand-chose, il me semble. Je me sentais, l’écrivant, comme une greffière en cour qui transcrit ce qu’elle entend. J’ai tapé des mots qui ne m’ont pas remuée. Le seul passage qui me plaît un peu arrive à la toute fin, quand je m’entends me dire que je monte me coucher, et que monter, ici, signifie me hisser sur la branche d’un arbre…
– C’est la seule note originale, en fin de compte, a acquiescé mon mari. Le reste est constitué d’aspects réels de ta vie, les duplex, Jacques-Yvan, Montréal…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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