Jour 690

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Je roulais sur un espace bétonné en plein comme celui ci-dessus, qui longe la surface couverte d’herbe, dans la partie inférieure de la photo.

Dans mon rêve, je roulais à bicyclette, à la noirceur, de manière tellement fluide, sans être ralentie par le vent, que je commençais à craindre d’aller trop vite. À craindre juste un peu sans qu’il s’agisse d’avoir peur. C’était le soir, et non la nuit, comme en témoignait une légère animation autour de moi. Des gens ici et là étaient dehors autour de leur maison et profitaient de la douceur du temps, par une belle soirée d’été. Il y avait beaucoup de lumières à l’horizon, les lumières d’une ville, mais je me situais à la campagne. Je savourais les deux formes de beauté, celle de la campagne qui m’enveloppait, et celle de la ville qui scintillait au loin. Je roulais sur un espace bétonné d’à peu près trois pieds de large, un espace tel un ruban qui se déroulait, se dissimulait et réapparaissait en fonction des courbes qui se présentaient par endroits. Il ne s’agissait ni d’une route, trop large, ni d’un sentier, inégal, mais d’une surface de ciment comme on en voit partout en ville qui sépare le trottoir de la maison. D’une surface très longue sur laquelle j’aurais pu rouler longtemps. À ma gauche, nul développement, que la nature. À ma droite, des maisons qui ceinturaient un lac. En prêtant attention à l’environnement, je constatais que je me situais à la Pointe-aux-Anglais, à proximité de la résidence secondaire de Jacques-Yvan, où j’ai passé mes week-ends et mes vacances d’été pendant quand même une dizaine d’années. Jacques-Yvan, justement, était à l’extérieur, seul, il transportait un seau d’une main, comme s’il revenait d’avoir fait une réparation de quelque chose autour de la propriété. Mon allure trop rapide sur ma bicyclette ne me permettait pas d’observer l’endroit comme je l’aurais voulu, alors je m’arrêtais non loin pour mettre pied à terre et découvrir à quoi ressemblait maintenant la propriété.
Ici, je m’interromps pour faire référence à un autre rêve que j’ai fait il y a des années, dans lequel j’étais aussi à bicyclette, une bicyclette rose de fillette. Après avoir roulé à peine quelques mètres je devais m’arrêter, bloquée je pense par un arbre qui se dressait devant moi. Une jeune fille en uniforme scolaire arrivait alors à ma hauteur… Je ne me rappelle plus du reste, mais la différence me semble frappante entre la circulation fluide, confortable et à bonne vitesse que j’avais sur ma bicyclette dans le rêve de la nuit dernière, par rapport à la presque impossibilité d’avancer de mon rêve ancien.
Ayant mis pied à terre, je me rendais compte que la propriété de Jacques-Yvan était belle, bien entretenue, entourée d’une grande quantité de fleurs jaunes de type Vieux garçons. L’aménagement autour de la maison était le résultat d’un travail d’entretien soutenu (assez contraire au tempérament de Jacques-Yvan, le travail d’entretien soutenu). Me rappelant que j’avais planté un arbre très près du vieux garage construit à côté de la maison, je dirigeais mon regard vers l’emplacement de cet arbre pour me rendre compte, bien entendu puisque nous sommes maintenant séparés, qu’il avait été scié. Dans la pénombre et au travers les touches jaunes des fleurs nombreuses qui s’étalaient autour de la maison sur les différents niveaux d’une terrasse qui n’existait pas dans mon temps et ni d’ailleurs maintenant, se détachaient de beaux lilas mauve pâle, un peu maigrichons, qui avaient la particularité d’être fleuris depuis le bas du tronc jusqu’en haut. Ces masses de couleur lilas dans une pénombre parsemée de jaune, un jaune un peu ocre non agressant mais apaisant, m’incitaient à penser que Jacques-Yvan s’en sortait bien de sa vie sans moi et qu’il ne me restait –sans flagellation aucune– qu’à apprécier l’harmonie des coloris de cet endroit.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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