Jour 701

Marche place Richelme a Aix en ProvenceBouches du Rhone (13) - France

Marché public, à Aix-en-Provence. Comment résister à tant de beauté?

Nous avons fait la route hier dimanche, Denauzier et moi, pour nous rendre à Montréal. J’y rencontrais mon amie Emlyne, mon amie d’Aix-en-Provence et de Paris. Mon amie que je n’avais pas vue depuis plus de vingt ans. Nous avions rendez-vous dans un café Starbucks, non loin de l’Université McGill. Je suis arrivée en retard parce que franchir la distance de la maison jusqu’à Montréal a été très facile, mais circuler dans les rues de la ville a été très laborieux.
Une fois dans le café, nous avons parlé bien sûr sans arrêt  –pendant trois heures. De là où elle était placée, Emlyne me faisait face et avait vue sur l’intérieur du café. Pour ma part, je faisais dos à l’intérieur du café. Quand je quittais mon amie des yeux, c’était pour contempler le mur derrière elle qui était couvert de photos prises je dirais sur le continent africain. Au terme des trois heures de placotage, nous nous sommes levées, sur le point de nous quitter. Une jeune fille est arrivée immédiatement, nous demandant si elle pouvait s’installer à notre table. J’ai alors réalisé que nous étions les deux seules mémères à parler, dans cet endroit. Tous les clients étaient jeunes, dotés d’écouteurs dans les oreilles et d’un ordinateur devant eux, de livres aussi, de notes manuscrites et de stylos comme autrefois. Ils étaient tous en train d’étudier !
– Ce n’était pas si exigeant dans notre temps ?, m’a demandé Emlyne.
– Je sais qu’Emmanuelle étudie elle aussi tout le temps, ai-je répondu, mais comme elle est en sciences et que ça m’impressionne, j’ai tendance à penser que les polytechniciens étudiaient peut-être autant dans notre temps ?
– Ouais, c’est difficile de savoir…, a répondu mon amie.
– Moi, en tout cas, je faisais tout sauf étudier, au baccalauréat. Je lisais mes livres à la dernière minute, je sautais des pages, j’étais caissière dans un restaurant, je n’étais pas sérieuse.
– Moi si, mais moins que les jeunes d’aujourd’hui, il me semble.
– Rappelle-toi, ai-je mentionné, on passait nos matinées à flâner dans les marchés publics  à Aix, ou à fureter dans les arrière-ruelles de Marseille même si ça donnait l’impression d’être dangereux parce que c’était mal fréquenté… Les hommes nous fixaient et on cherchait des femmes du regard, sans en trouver une seule !?
– Je ne me rappelle pas de ça, a répondu mon amie.
– Bien oui ! On était allées s’acheter des manteaux d’hiver, tu sais des manteaux de laine, pour hommes, trop grands pour nous, qui ne coûtaient presque rien !
– Ça je me rappelle. Ils n’étaient même pas chauds et il fallait mettre des épaisseurs de chandails en-dessous pour se protéger du mistral.
– Et du coup ça devenait trop lourd !
– Quoi ça ? Le mistral ?
– Bien non ! Les manteaux avec toutes les épaisseurs !
– Je me rappelle que tu portais ce manteau pour homme quand nous sommes arrivées à la gare de Lyon, a ajouté Emlyne, la journée de la grève des transports en commun. T’en rappelles-tu ?
– Je m’en rappelle très bien. On avait eu de la difficulté à sortir de la gare tellement c’était le chaos, les gens se marchaient sur les pieds et s’impatientaient. Comme je ne connaissais rien, je pensais que c’était toujours de cette manière qu’on sortait d’une gare, à Paris !
– On était naïves !, s’est exclamée mon amie.
– On l’est probablement encore autant, tu ne penses pas ?
Nous étions rendues dehors et j’ai demandé à Emlyne si elle aimait mes nouvelles lunettes fumées.
– Elles sont ajustées à ma vue, ai-je pris la peine de préciser.
– Tu ne portais pas de lunettes en-dedans ?, s’est étonnée mon amie.
– Bien oui ! Je les ai enlevées sous tes yeux, pendant que la jeune fille s’installait à notre table.
– Ah oui ! Ça se peut… a vaguement répondu mon amie.
Nous ressaisissant mutuellement, ébranlées par toutes ces paroles échangées, il est alors arrivé ceci, sur le trottoir, au moment de nous séparer :
– On va se revoir, de toute façon, avons-nous prononcé EN MÊME TEMPS.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Jour 701

  1. Monique Coulombe dit :

    Contente pour toi que tu aies revu une bonne amie.

    J’aime

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