Jour 704

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Galette des rois.

Nous avons au programme toutes sortes de petits projets de rien du tout. Par exemple, ce matin, j’ai téléphoné à la pâtisserie Charlotte, à Joliette, pour demander si des galettes des rois y étaient encore à vendre.
– Il n’en reste plus !, m’a presque crié une voix au téléphone.
J’ai cru comprendre que l’environnement de travail était bruyant. La dame au téléphone me répondait peut-être depuis le côté cuisine où grondaient de grosses machineries, et non de son comptoir, tranquille devant les clients.
– Il en reste peut-être une congelée !, ai-je entendu crier par une voix masculine.
– On en a peut-être une congelée, a répété la dame à mon attention au téléphone. Attendez, je vais aller vérifier.
Finalement, j’ai réservé la dernière galette restante. J’irai la chercher lors de ma prochaine visite à Joliette pour aller nourrir papa, mercredi le 17 janvier. Nous allons la manger ici à la maison, le lendemain 18 à midi, précédée d’un potage. Nous serons alors les six amis des environs, les trois couples voisins.
Le projet de manger une deuxième galette quelque deux semaines après la fête des rois a pris naissance de la façon suivante.
Nous avons mangé une première galette chez l’un des couples amis, le 6 janvier dernier. C’est en parlant de galette –et en la mastiquant– qu’il a été mentionné que la pâtisserie Charlotte en faisait de bonnes. En fait, nous avons commencé par dire qu’il n’y avait qu’à Montréal qu’on en trouvait de bonnes, Au Duc de Lorraine selon mon expérience, au Fromentier selon l’expérience de l’ami qui nous recevait et qui l’avait achetée là, la galette, le jour même. Sur ces mots, le même ami s’est rappelé avoir déjà acheté une galette à Joliette, à une pâtisserie dont il ne se rappelait plus le nom.
– Messier ?, ai-je hasardé.
– Non, a-t-il répondu, le regard posé sur la cheminée qui lui faisait face, parce qu’il cherchait le nom et que celui-ci n’arrivait pas. Quelques minutes plus tard, cependant, le nom est arrivé :
– Charlotte !, s’est-il écrié.
Comme je suis, des six amis, l’unique native de Joliette et que la pâtisserie Charlotte existait déjà quand j’étais toute jeune, je pense avoir été la seule à comprendre immédiatement la référence faite à Charlotte. Et je me demande encore comment ça se fait que j’ai pensé à une boulangerie Messier. Il me semble, après coup, que je n’en connais pas.
Fidèle à la personne que je suis et que je serai probablement toujours, j’ai dit aux amis qu’il aurait été intéressant de manger deux parts de galettes de provenances différentes en même temps dans l’assiette, pour comparer les saveurs et décider entre nous laquelle est la meilleure. Or, l’ami qui nous recevait a répondu ceci :
– Commandez-en une de la pâtisserie Charlotte et on ira la manger chez vous. J’arriverai avec du champagne. On ne pourra pas vraiment comparer mais comme ça on aura mangé de la galette deux fois !
Bien entendu, j’ai mordu à l’hameçon. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai téléphoné à la pâtisserie pour réserver la galette que nous allons manger dans une semaine.
Tantine n’est pas toujours partante pour mes études comparatives. Ce midi, je dînais chez elle. Elle m’a servi dans une coupe un reste de vin blanc Ma maison, qu’elle achète comme ingrédient pour certaines de ses recettes. Elle, dans une coupe identique, s’est servi du jus de légumes. Sans réfléchir, quand j’ai constaté qu’il n’y avait pas beaucoup de vin dans ma coupe, j’ai versé du jus de légumes par-dessus.
– Qu’est-ce que tu fais ?, s’est exclamé tantine.
– Je ne sais pas vraiment, ai-je répondu. Mais on devrait en profiter pour comparer, ai-je suggéré. Tu bois une gorgée dans ta coupe sans vin et une gorgée dans ma coupe avec vin et tu me dis ce que tu préfères.
– Je préfère ma coupe, a conclu tantine sans se donner la peine de goûter à la mienne.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Jour 704

  1. Jacques Richer dit :

    Y a là de quoi faire une petite chanson! (dans le style de « La tourtière »)
    Mais pour faire différent, il faudrait jouer sur la confusion.

    J’aime

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