Jour 714

Que de petites choses, encore. À l’approche des fêtes, le climat n’est pas propice à la régularité, à la routine, à la réflexion sur un sujet particulier qui peut m’habiter plusieurs jours. Alors j’y vais pour de petites choses. Je me suis levée vers neuf heures. J’ai flâné avec mon mari pendant la première heure. Il se lève bien avant moi, vers six ou sept heures. Je nous ai fait du café à la mode cétogène. On prend du café déjà prêt à boire, on le verse dans un mélangeur électrique, on ajoute une cuillerée à thé d’huile de noix de coco crue solidifiée, et les épices de notre choix, à savoir ici de la cardamome broyée, de la cannelle et du clou. On passe au mélangeur quelques secondes, le café devient mousseux et de la couleur d’un café qui aurait reçu de la crème. On savoure. Mon mari n’aime pas tellement, mais ce matin il a semblé aimer plus que d’habitude.
Ça paraît qu’il ne mange que des recettes cétogènes depuis ces deux derniers mois. Il a perdu du poids. Sa montre, jadis bien serrée au poignet, glisse maintenant sur son bras en fonction de ses mouvements. Ça lui donne un style jet set. Son anneau de mariage, également, a tendance à glisser alors qu’autrefois il était bien en place autour de l’annulaire.
Nous prenons le temps de niaiser et de nous relaxer, le matin, avant d’entamer nos petites affaires. Il est allé au garage du village faire je ne sais quoi en lien avec un de ses véhicules, pendant que je me suis lancée dans la préparation de crêpes cétogènes en vue d’un dîner que nous aurons dimanche et au cours duquel nous voulons manger des clubs sandwiches. C’est la différence entre mon mari et moi. Ses activités l’amènent surtout à l’extérieur de la maison, tandis que les miennes me cantonnent à l’intérieur, mais ça me convient tout à fait. Ça me convient trop, en fait, il faut souvent que je me botte le derrière pour aller respirer le bon air. À pareille date l’an dernier, pour en revenir aux clubs sandwiches, avec les mêmes personnes qui viendront nous visiter ce dimanche, nous avions mangé des clubs et des frites faites par Denauzier. Cette année, nous allons manger des clubs transformés, en ce sens que le pain sera remplacé par mes crêpes, cuites dans une mini poêle qui leur confère le même format carré qu’une tranche de pain, et comme les féculents –patates, pain et pâtes– sont proscrits dans notre diète, nous allons préparer, à la place des frites normales, des frites de courgettes cuites au four. Les frites de courgettes, selon ma recette encore jamais faite, sont panées avec de la couenne de lard séchée. Je devrai faire des recherches sur Internet pour savoir comment faire en sorte que la couenne de lard que je viens d’acheter cet après-midi chez le boucher puisse devenir de la couenne séchée. Elle m’a été donnée, et non vendue par le boucher, cela dit en passant.
Pendant que je faisais les crêpes, le téléphone a sonné. C’était l’esthéticienne qui m’offrait une place à la suite d’une annulation d’un de ses clients, compte tenu de la pseudo tempête. J’y suis allée. J’ai enchaîné sur des courses alimentaires au Métro d’alimentation et chez le boucher, pour la couenne. Je suis revenue à la maison. J’ai voulu écrire mon texte du jour pendant que Denauzier s’amusait toujours chez le garagiste, mais le téléphone a sonné, j’ai eu à répondre à des courriels et d’une chose à l’autre mon mari a eu le temps de revenir à la maison. Il revenait avec un colis dans les mains, à savoir mon tout nouveau téléphone cellulaire. Il me l’offre en cadeau pour Noël. Je me suis enfin décidée à en utiliser un, non parce que j’en ai besoin, mais plutôt parce qu’il me semble que le clivage entre les nouvelles générations et moi, de l’ancienne génération, va aller s’accentuant si je ne m’y mets pas. Je l’ai configuré assez facilement et j’ai fait quelques appels. Puis le téléphone de la maison a sonné. Comme Denauzier était déjà en train de parler sur son téléphone cellulaire, je suis allée répondre, or c’est à ce moment-là que mon nouveau téléphone cellulaire a sonné pour la première fois. Mince ! Il va falloir que je m’habitue à cette intensité communicationnelle nouvelle !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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