Jour 732

DSC_5238Dans une vie d’autrefois, Bibi avait dans son petit appartement une longue sculpture anorexique de type africain peut-être achetée à Montréal, je n’ai jamais eu la curiosité de lui demander d’où provenait son acquisition. Il me semble qu’elle n’a pas dû acheter ça en voyage, la sculpture fait huit pieds de long. L’acquisition a fini chez moi, je suis depuis toujours la destination numéro un des choses dont Bibi se départ. Voyant cette longue sculpture arriver chez lui, quand j’ai aménagé chez mon mari il y a deux ans et demi maintenant, Denauzier a fouillé dans ses affaires pour en sortir des masques dont on peut penser, quand on n’y connait rien comme moi, qu’ils sont aussi d’origine africaine. Nous en avons garni un mur de la pièce d’entrée au plafond cathédrale. Une fois le mur garni, nous avons trouvé que la longue sculpture d’une maigreur extrême n’allait plus trop avec les masques, alors nous l’avons mise dans un coin, près d’un banc de quêteux et d’un panier d’osier qui contient les mitaines, casquettes, bas de laine et pantoufles en phentex qui traînent régulièrement dans l’entrée. C’est une entrée d’esprit multiethnique, finalement.
Il arrive que la sculpture soit couverte de fils d’araignées, surtout dans sa partie supérieure qui ressemble à une couronne. Il n’est pas rare que les coccinelles viennent finir leurs jours entre les doigts qui constituent la couronne, quand ce ne sont pas les grosses mouches. Bien entendu, à un moment donné, je finis par passer l’aspirateur sur tout le corps de la sculpture, qui se met alors à éternuer. Elle est allergique aux acariens car les acariens, tels que nous les connaissons en Amérique, n’existent pas en Afrique. J’ajoute que la sculpture a porté le printemps dernier, justement parce qu’elle avait beaucoup éternué, et parce qu’en avril on ne se découvre pas d’un fil, une casquette et un long foulard qui lui descendait jusqu’aux pieds.
Je n’ai pas mis en accompagnement de ce texte une photo de la sculpture au complet parce que je voulais que mes lecteurs puissent bien observer le cou de la déesse. Le cou de la déesse est de la même circonférence que le poignet de mon mari –il ne lit pas mon blogue–, si vous voyez ce que je veux dire…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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