Jour 734

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La force du nombre, 2665 petites masses.

J’en suis venue à la conclusion que je ne suis pas assez audacieuse.
– Trouves-tu chéri que je manque d’audace ?, ai-je demandé à Denauzier.
Après quelques secondes de réflexion, mon mari m’a répondu que ça prend quand même de l’audace pour changer sa vie radicalement comme je l’ai fait, quitter le travail, la ville, ma fille et m’en venir m’installer dans un coin un peu perdu à côté des vaches et des urubus.
– Avec un bûcheron de l’Abitibi ronchonnant par moments, a-t-il ajouté.
– Je suis peut-être un peu audacieuse et je ne m’en rends pas compte ?, ai-je répondu.
– Pourquoi te poses-tu la question ?, a demandé mon mari.
– Parce que je ne sais pas comment m’y prendre pour donner un sens à ma toile, celle des masses numérotées qui est ennuyante comme une pluie d’automne. J’essaie toutes sortes d’approches qui ne donnent rien. Ça fait longtemps que Riopelle en serait venu à bout…
– Lâche-toi lousse, fut la réponse de mon mari.
Finalement, j’y suis allée pour une superposition de formes organiques dans les tons de turquoise, violet, blanc et noir. Je n’aime peut-être pas les deux masses noires un peu semblables à des gamètes, au centre et à droite de la partie inférieure. Ni les deux masses uniformément turquoise à peu près au centre, au-dessus des gamètes. Je pourrais poursuivre et ajouter des formes de couleur cuivre et ne laisser vivre en arrière-plan qu’une esquisse de l’espèce de feuille géante circonscrite par les points bruns. Mais j’ai décidé de vivre avec cette version de l’œuvre avant de décider si je vais plus loin.
Parlant d’aller quelque part, je dois me faire piquer le doigt à la pharmacie pour tester la vitesse de coagulation de mon sang. Le régime cétogène a une incidence sur ma médication. Mon dernier test a révélé une vitesse de coagulation bien trop rapide, alors ma dose a été augmentée. Je vais m’y rendre à pied pour marcher un peu. Sans plus attendre –j’écris ça pour me convaincre car j’attendrais volontiers, sans bouger !– je quitte mon bureau, je m’habille chaudement et je pars. J’en ai pour un bon deux heures. Sinon plus.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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