Jour 772

Dans mon rêve j’étais orgueilleuse. Nous étions un groupe d’amies à nous réunir dans un restaurant. J’arrivais un peu en retard et me joignais au groupe alors que la conversation était déjà entamée. Une amie parlait d’un échange très récent que nous avions eu elle et moi et en répétait chaque phrase presque mot pour mot. Elle voulait vérifier auprès du groupe qu’elle avait eu raison de mal interpréter mes paroles. Elle voulait encore s’assurer qu’elle n’était pas la seule à trouver que j’avais été blessante. Elle relatait chaque élément en regardant si les convives penchaient en sa faveur ou semblaient vouloir me défendre.
– Elle ne doit pas se rendre compte que je suis arrivée, me disais-je, constatant qu’il était question de moi sur une note pas très positive.
Or mon amie continuait comme si de rien n’était et y allait subtilement de choses encore plus désagréables à entendre. J’écoutais en me disant qu’effectivement on pouvait choisir de mal interpréter les gestes qui avaient été les miens et de même mes paroles, mais je savais aussi qu’à aucun moment ces gestes et paroles avaient été voulus mesquins ou méchants de ma part. Maladroits, probablement, mais sans plus. Mon attitude devenait alors la suivante : j’acquiesçais, je donnais raison à mon amie, je recevais ses critiques sans me défendre, sans me justifier, je trouvais naturel que l’on se moque de moi, je faisais comme si je n’étais pas au centre du récit désobligeant et je riais comme riaient toutes les femmes du groupe. Mon intention n’était pas de me dénigrer encore plus, ou encore de faire comme si de rien n’était pour que le repas se déroule sans heurts. Mon intention était plutôt de montrer aux convives que j’étais au-dessus des mesquineries. J’étais noble, chevaleresque. L’orgueil me faisait me comporter de la sorte, et non le détachement. Je voulais en effet que les amies découvrent à quel point j’avais bon caractère. Mon comportement ne pouvait pas être moins désintéressé.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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