Jour 784

DSC_4938

Restaurant Vendôme –maintenant fermé– : je n’y suis jamais entrée.

Seigneur qu’il s’en est passé des choses et Seigneur qu’il m’est difficile, à cause de mon âge, de m’en rappeler. Je ne tenterai pas de parcourir le temps à rebours en présentant les événements dans l’ordre, à partir des plus anciens. Je vais y aller comme ça vient pour résumer brièvement les moments forts de ces derniers jours pendant lesquels je n’ai pas écrit, faute de temps.
Nous sommes allés à Québec, dans la vieille partie de la ville, trois nuits et quatre jours. C’était la première fois de ma vie que je goûtais la formule AirBnB. Nous avons séjourné dans un lieu magnifique, chargé d’histoire –mais entièrement rénové–, situé Côte-de-la-Montagne. Nous étions situés à quelques portes, vers le bas de la côte, du restaurant Vendôme, dont il ne subsiste que l’enseigne à l’extérieur. C’était commode pour mes amis de la Colombie-Britannique, et je dirais même pour Denauzier, que je fasse partie du groupe puisque j’ai habité neuf ans à Québec.
La ville est cent fois plus belle, il me semble, qu’il y a quarante ans quand j’y suis arrivée, mais c’est peut-être aussi que mon esprit, moins tourmenté, est plus apte à saisir la grâce, la poésie, le charme et encore tous ces autres mots en périphérie de ce champ sémantique.
– Comment ai-je pu habiter ici tant d’années et ne pas m’être perdue davantage dans les rues, me suis-je demandé partout où mes pas me portaient. Comment ça se fait que l’idée ne m’a jamais effleurée d’habiter le Vieux-Québec, alors que j’ai habité plein d’autres quartiers : Ste-Foy, Montcalm, St-Jean-Baptiste, Limoilou, St-Roch… Comment ça se fait que les événements du passé qui sont gravés dans chaque pierre, au sens propre comme au sens figuré, ne m’attiraient pas dans ce temps d’autrefois ? Comment ça se fait, enfin, que je n’ai pas eu envie de me rendre sur les lieux dont il fait référence dans les romans de Jacques Poulin ?
C’est en partie parce que j’étais trop préoccupée à essayer de trouver la voie qui serait celle de mon avenir. Je ne respirais pas par le nez, en prenant mon temps, en profitant, en savourant. C’est aujourd’hui seulement, à bientôt soixante ans, que je me rends compte à quel point je n’ai pas su saisir les richesses qui étaient pourtant là, juste à côté de moi, à portée de main.
Il faut croire que je me reprends en masse : en visitant les rues qui longent les Remparts, je me sentais dans un état proche de l’euphorie. Mon frère les Pattes m’a téléphoné et je lui ai dit que je n’étais pas capable de lui parler, tout absorbée que j’étais par la beauté. Pourtant, les rues transversales sont bloquées par des travaux de réfection majeurs qui font le plus grand bruit. De la même manière, le café Temporel de la rue Couillard est pratiquement inaccessible…

À propos du restaurant Vendôme, entre autres édifices abandonnés.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée, publiée dans 2 200 textes en 10 ans, est marquée , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s