Jour 787

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Psychanalyse

Je pense à un film assez moyen que j’ai vu à la télévision l’an dernier, Insomnia, dans lequel Al Pacino, dans le rôle d’un policier renommé, dit à une policière qui vient d’entrer dans la profession de ne pas se laisser dévier de sa voie. Le policier, sous l’effet d’un manque de sommeil qui altère son jugement, agit de manière non éthique et la jeune policière propose de le couvrir pour cacher la faute qu’il vient de commettre. Al Pacino lui répond alors qu’elle ne doit pas se laisser dévier de sa voie, que sa carrière est à construire, et que le chemin sur lequel elle est en train de la construire, un petit peu chaque jour, ne doit pas être pavé d’erreurs qui viendront la hanter. Encore les voies et les carrefours et les changements de routes.
Je me demande si des gens de ma cohorte à l’école secondaire sont devenus psychanalystes. J’ai eu l’occasion d’échanger, lors du conventum en juin 2016, avec une psychiatre, avec des médecins, des spécialistes, mais nulle trace de psychanalyste. Un de mes professeurs de littérature à l’université Laval, il était déjà dans la cinquantaine à l’époque de mes études au baccalauréat, poursuivait parallèlement à sa carrière en enseignement des lettres une formation en psychologie analytique. Je ne sais pas s’il est devenu psychanalyste pratiquant. Je me demande aussi s’il se trouve des psychanalystes, ou disons seulement un seul, dans la région de Lanaudière.
Une autre chose, à savoir le shampooing bleu, semble manquante dans Lanaudière, du moins au Pharmaprix où je me suis rendue hier soir. Rupture d’inventaire serait l’expression correcte, je pense. Rupture d’inventaire depuis deux mois. Seigneur ! Il y en avait plein les tablettes à la pharmacie de la Promenade du Musée !
Quel est l’intérêt du shampooing bleu dans ces chroniques ? Pour les lecteurs, j’ai bien peur qu’il n’y en ait aucun. Pour ma personne, comme c’est aussi le cas des copeaux pour les orchidées, des gommes à mâcher dans les distributrices, des t-shirts identiques et autres frivolités, le shampooing bleu me distrait de l’effet inéluctable du temps qui passe. Il me distrait du vieillissement de papa, de la douleur de le voir si diminué, de la douleur empreinte d’émotion positive quand il m’adresse quelques mots et fixe son regard dans le mien. Il me distrait des cataractes à venir, ou encore des importants travaux qui devront être effectués pour refaire les conduites d’égout et d’eau à Montréal –et qui vont me coûter beaucoup de sous… Le shampooing, les copeaux et les t-shirts me distraient de toutes ces affaires-là, comme le dirait papa.
Je lui ai demandé hier comment le médecin, qu’il a rencontré la semaine dernière, avait  trouvé son état de santé.
– Un médecin n’est pas exempt de tomber malade, a été la première réponse de papa car j’avais posé ma question de telle sorte qu’on pouvait effectivement penser que je m’intéressais à la santé du médecin.
– Je veux dire ton état de santé à toi, ai-je rectifié.
– Oh ! pour moi, il n’y a aucun problème, tout est numéro un, a répondu papa, en ajoutant qu’il prendrait bien une bière.
Je nous en ai servi une bouteille à deux.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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