Jour 790

snowden

My name is Edward, but I go by Ed.

J’aurais aimé m’appeler Natacha. Les prénoms que nous portons, mes frères et sœur, témoignent à mon sens d’une lacune intellectuelle, culturelle, imaginaire… importante chez mes parents. Je m’appelle Linda à cause de la chanson Linda le temps passe vite. Mon frère s’appelle Michel à cause du chanteur de Linda le temps passe vite. Sur mon certificat de naissance, mon prénom porte le y, mais pas celui de mon frère. Je ne pense pas avoir déjà vu, écrit, le prénom Mychel.
Quand on me demanderait comment je m’appelle, je répondrais, plutôt fière, que je m’appelle Natacha –ou Natasha dans sa forme slave d’origine–, et je m’empresserais d’ajouter que tout le monde m’appelle Natcha. Comme ça, je définirais moi-même la manière de déformer mon prénom, pour éviter, bien sûr, que l’on m’appelle Nat.
Cela me fait penser non pas au quartier St-Honoré à Paris, mais au film Citizen Four qui raconte l’histoire d’Edward Snowden. Au début du documentaire, Edward se présente ainsi :
My name is Edward, but I go by Ed.
Avoir découvert avant aujourd’hui qu’il est possible de se construire une vie professionnelle que l’on aime –avoir eu foi en moi, autrement dit, et je n’ajoute pas « avant aujourd’hui » car je ne suis pas sûre, à 58 ans, d’avoir un tant soit peu foi en moi– j’aurais peut-être tenté de devenir psychologue. Mais je pense au fond que c’est à la littérature, à l’écriture, que j’aurais dû me consacrer. En d’autres mots, pour un ensemble de raisons et sans vouloir me dénigrer, je n’ai pas été à même de m’approprier ma voie. Je me consacre à l’écriture par la bande au moyen de mes publications régulières sur mon blogue. C’est ce qui fait que, finalement, et peut-être pour aujourd’hui seulement, j’aimerais croire à la réincarnation !
Dans une vie que j’aurais réussi au-delà de mes espérances, je serais psychanalyste, et j’écrirais à mes heures des textes de fiction qui seraient publiés par des maisons d’édition qui me soutiendraient dans ma démarche artistique et intellectuelle. Mon prénom de plume serait Natcha, pendant que ma pratique psychanalytique serait faite sous le prénom de mon certificat de naissance, Natacha –ou Natasha. Forte de ce beau parcours et de l’environnement social, culturel, professionnel qui vient avec et dans lequel je baignerais, je côtoierais des gens avec lesquels les références communes seraient plus nombreuses que dans la vie qui a été la mienne jusqu’à présent. Côtoyant ces gens qui partageraient mes valeurs et moi les leurs, plus que maintenant, je serais peut-être devenue une Lynda Natasha dont je ne suis pas même capable d’imaginer la richesse de la vie intérieure, affective et spirituelle.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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