Jour 800

CIMF

Marie de France était une poétesse au XIIe siècle.

Le premier matin de ma vie que j’ai accompagné le plus jeune fils de Jacques-Yvan à l’école Marie de France, Emma n’était pas encore née, j’avais réussi, malgré ma nervosité, à nous faire déjeuner sans brûler les tranches dans le grille-pain. Après m’être assurée que les dents avaient étaient lavées et que les vêtements n’étaient pas tachés, nous avions quitté la maison légèrement en avance pour être sûrs de ne pas arriver en retard. Nous avions descendu la rue Grosvenor sous un beau soleil de début mai, en parlant de tout et de rien, comme si déjà on se connaissait, et nous étions entrés au service de garde sans qu’on me demande qui j’étais. J’allais quitter ce petit bout d’homme de six ans pour me rendre travailler à l’université lorsque nous nous étions rendu compte que nous avions oublié sa boîte à lunch !
Cette fois-ci, bien que portant vingt-cinq ans de plus dans mon corps, et contrairement à mon nouveau précepte à l’effet que les temps changent, nous vivons avec la même absence de familiarité, comme si nous n’avions jamais eu d’enfants, notre rôle de grands-parents.
– Peut-être qu’il faudrait couper les morceaux plus petits ?, ai-je suggéré ce matin à Denauzier, voyant que la petite ressortait de sa bouche les quartiers d’orange qu’on lui donnait.
C’est ce que nous avons fait et ce fut un succès.
– Elle ne s’intéresse pas à ses jouets, ai-je ajouté plus tard. Qu’est-ce qu’on pourrait lui donner pour l’amuser ?
– Des bocaux de plastique et une cuiller de bois, fut la réponse immédiate de Denauzier. Comme quand on était petits.
C’est ce que nous avons fait et ce fut un succès aussi, sauf que la cuiller de bois y est passée, son long cou s’est brisé !
– Bonjour !, est venue nous dire une voisine alors que nous étions tous les trois dehors en milieu de matinée autour de la maison.
Pour montrer la petite à la voisine, je l’ai prise dans mes bras. Son pantalon était complètement mouillé, la couche n’ayant rien absorbé pour avoir été mise à l’envers !
Des amateurs, voilà de quoi nous avions l’air, des amateurs un peu cernés ayant dormi très moyennement, compte tenu que la petite a pleuré en pleine nuit, pendant deux secondes, mais ce fut suffisant pour qu’on ne dorme ensuite que d’un seul œil.
En ce moment elle fait dodo. Denauzier aussi, sur le canapé. Nous avons dîné à 11h30, c’est du jamais vu ! Nous avons mangé du macaroni, ça aussi c’est du jamais vu, je n’en fais jamais. Je trouvais jusqu’à tout récemment que le macaroni était un plat ennuyant. Mais en compagnie de tantine au marché de Rawdon je suis tombée sur une boîte de macaroni au blé, presque aussi foncé que le pain Pumpernickel, et j’ai eu envie de l’essayer. Le repas fut un vif succès, la petite en a redemandé.
À suivre !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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