Jour 801

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Les Îles-de-la-Madeleine où nous avons séjourné en août 2016.

Pour changer de l’âge avancé, des problèmes de mémoire et de surdité, des douleurs de papa qui est encore tombé en bas de son lit la nuit dernière, je me consacre depuis ce soir à mon rôle de grand-maman par alliance, jusqu’au prochain week-end dans huit jours. Nous avons en effet avec nous une petite qui aura deux ans cet automne, à savoir la fille du fils de mon mari.
À pareille date ou presque il y a un an, puisque nous étions alors dans les premiers jours d’août 2016, tantine séjournait avec nous dans notre maison de St-Jean-de-Matha, en compagnie de sa petite chienne. J’allais la conduire l’après-midi au pavillon des soins palliatifs, à quelques minutes d’ici, pour qu’elle puisse profiter des derniers moments que lui offrait son mari.
Par un heureux hasard, la petite-fille de Denauzier, qui dort en ce moment dans notre chambre, était aussi parmi nous l’an dernier. Elle ne marchait pas encore mais se traînait sur ses jambes comme une championne pour aller flatter la chienne de tantine qui se laissait faire. Tantine, qui dormait chez nous, profitait de la beauté et de l’énergie de la jeunesse le matin, pour aller ensuite accompagner son mari dont les heures, littéralement, étaient comptées.
Pour Denauzier et moi, les heures aussi, il y a un an, étaient comptées, puisque nous avions une réservation pour le 13 août sur le traversier se rendant aux Îles-de-la-Madeleine. Au fur et à mesure que les jours passaient, nous nous acheminions vers un trajet qui allait se faire d’une traite jusqu’au traversier ! Comme je ne voulais pas priver tantine de la commodité d’habiter juste à côté de l’endroit où se trouvait son mari –elle ne conduit pas la voiture–, nous laissions les jours passer jusqu’au moment où, in extremis, il nous a bel et bien fallu partir.
Je commence à avoir l’habitude de l’écrire, donc je me répète, les temps changent et la vie passe. J’ai rendu visite à tantine sur une base régulière depuis qu’elle est veuve, la retrouvant de semaine en semaine toujours un peu plus menue. Nous avons fait les courses ensemble à Rawdon. Nous avons fait des retraits à la Caisse populaire. Nous avons joué au Chromino. Nous avons eu peur d’une souris dans sa cuisine. Nous avons porté le même t-shirt pas plus tard que cette semaine, etc.
Voici là où je veux en venir : pour boucler la boucle de cette année difficile qui est sur le point de se clore –tonton est décédé le 15 août 2016–, je désire amener tantine ici, à la maison, pendant que la petite nous tient compagnie. Je désire amener tantine avec sa petite chienne, pour qu’elle puisse profiter des beautés et de l’énergie de la jeunesse, je me répète encore, et entamer la deuxième année de son veuvage avec un peu d’optimisme.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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