Jour 807

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Harry Dean Stanton de son nom d’acteur

Cette nuit, dans mon rêve, mon ami peintre André me faisait visiter l’endroit où il habitait depuis peu, à savoir une tour d’habitation énorme et surpeuplée. Les couleurs dans mon rêve étaient sombres, on aurait dit que tout le monde portait des vêtements de camouflage pour aller soit à la guerre, soit à la chasse, incluant les deux protagonistes principaux, André et moi, qui étions cependant vêtus de noir. André, avec beaucoup de style, portait une cape de feutre qui lui arrivait aux chevilles. Il fallait prendre l’ascenseur et monter plusieurs étages. Notre ascension était interrompue à chaque palier tellement l’ascenseur était sollicité. Quand nous arrivions chez lui, je découvrais qu’il manquait un mur à son appartement, nous vivions à la vue des gens qui allaient et venaient dans le corridor, nous n’avions aucune intimité, nous entendions les portes des ascenseurs s’ouvrir et se fermer, de même que les bribes de conversation des gens qui passaient. En outre, nous devions garder nos manteaux tellement il faisait froid.
Un homme s’introduisait à un moment donné dans le pseudo appartement de mon ami qui n’était pas rassurant. André me disait qu’il fallait s’ouvrir aux autres et ne pas craindre les comportements disons hors-normes des individus fragilisés par la pauvreté ou encore la maladie. Sur ces paroles de mon ami, l’homme titubant ressortait. Il ressemblait de ses traits et de son allure au personnage de Travis du film Paris, Texas. Dans cet univers glauque, j’avais tendance à me coller de plus en plus sur mon ami, encore un peu et je me cachais derrière sa cape. Parce qu’il n’était inquiet de rien, André m’apparaissait comme un sage dans cet environnement.
– Je vais te montrer de quelle manière tu peux quitter la tour plus rapidement que par  l’ascenseur, me disait-il.
Sur ces mots, il ouvrait une fenêtre et se laissait glisser sur la toiture qui était couverte de coussins. Une première toiture conduisait à une deuxième, couverte elle aussi de coussins, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on aboutisse à une surface située à quelque dix pieds du sol.
Après cet exercice de haute voltige dont André revenait comme par enchantement en moins de trois secondes, nous allions nous coucher chacun sur un canapé dans la pièce de séjour au mur manquant. Le lendemain matin à mon réveil, je découvrais qu’André n’était pas là. Je ramassais mes affaires et sans plus tarder j’ouvrais la fenêtre pour me faire glisser sur les toitures. Une fois rendue sur les coussins de la plateforme finale, je ne savais comment m’y prendre pour me faire descendre jusqu’au plancher des vaches. Et je craignais que des ecchymoses ne soient en train de se former sur mes cuisses car la descente m’avait valu des rebondissements plutôt sportifs.
– Je vais profiter des coussins et du bon soleil, me disais-je alors, pour feuilleter les Lettres pour Anne, en attendant de trouver le moyen de me sortir d’ici.
Sur ce, je m’installais confortablement tout en sortant le livre du sac qui était le mien, un grand sac à rabat semblable à celui de mon amie Ludwika.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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